🔮 URGENT – Damiba aprĂšs avoir dressĂ© le bilan sĂ©curitaire de 5 mois donne rendez-vous en dĂ©but 2023

« Pour ma part, je me ferai le devoir de vous rendre compte pĂ©riodiquement de nos efforts communs de reconquĂȘte du territoire national. Sur ce, je vous donne rendez-vous en dĂ©but d’annĂ©e 2023, pour un autre bilan de la dynamique de reconquĂȘte de notre pays », a dĂ©clarĂ© Paul-Henri Damiba.

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               ADRESSE A LA NATION

DU LCL PAUL-HENRI SANDAOGO DAMIBA,

        PRESIDENT DU FASO

                         DORI, 04 SEPTEMBRE 2022

          

Peuple du Burkina Faso ;

Chers compatriotes ;

BurkinabĂš de la diaspora ;

Il y a cinq mois, je prenais date avec vous pour faire un premier bilan d’étape du processus de reconquĂȘte de notre territoire national entamĂ© au lendemain du tournant politique qu’a connu notre pays. Mais il sied, avant d’évaluer le chemin parcouru, de vous dĂ©crire de façon explicite et sans complaisance, la situation grave dans laquelle se trouvait notre pays au moment oĂč nous mettions en route l’Ɠuvre de restauration et de refondation.

Le mal qui nous ronge, est la rĂ©sultante de plusieurs annĂ©es de compromissions politiques, de contradictions sociales et d’amalgames de tous genres, qui ont fini par porter un coup fatal Ă  l’équilibre dĂ©licat, que nos devanciers avaient rĂ©ussi Ă  trouver, pour permettre aux diffĂ©rentes communautĂ©s de vivre ensemble malgrĂ© leurs diffĂ©rences. Incapables d’initier le moindre sursaut collectif, nous avons laissĂ© notre pays sombrer. A tous les niveaux, nous avons failli.

A commencer par nous, Forces de défense et de sécurité, chargées de défendre notre territoire et de protéger nos populations. Les divisions internes nous ont fragilisés, au point de remettre en cause les valeurs qui faisaient la renommée du soldat BurkinabÚ.

Cela se ressent trĂšs logiquement sur notre engagement et notre maniĂšre de mener la guerre contre le terrorisme. Certaines actions des nĂŽtres ont malheureusement plus contribuĂ© Ă  attiser le feu, plutĂŽt qu’à l’éteindre. Cette rĂ©alitĂ© concerne Ă©galement les VDP qui, malgrĂ© leur bravoure, ont parfois Ă©tĂ© utilisĂ©s ou manipulĂ©s Ă  des fins de vengeance au niveau communautaire.

La vĂ©ritĂ© est que cet Ă©tat de dĂ©labrement moral, concerne toutes les composantes de notre sociĂ©tĂ©. Le laxisme et le clientĂ©lisme de tous genres, se sont Ă©rigĂ©s en rĂšgle, dans une administration publique prise en otage par des groupuscules. Dans les faits, le service public s’est muĂ© en systĂšme de corruption, de clientĂ©lisme et de marchandage aux antipodes de la bonne gouvernance tant prĂŽnĂ©e. Au point oĂč les populations ont fini par dĂ©velopper un sentiment de dĂ©fiance envers les structures administratives publiques. Des commis de l’État, politisĂ©s et sans honte, devenus de vrais rapaces, Ă  l’affĂ»t de la moindre opportunitĂ© pour aspirer nos maigres ressources publiques.

Le constat n’est guĂšre plus reluisant sur le terrain de la justice en laquelle le BurkinabĂš a perdu grandement confiance. Une justice devenue un terrain d’affrontement politique et oĂč les luttes intestines l’empĂȘchent d’assumer son rĂŽle de rĂ©gulateur social. L’indĂ©pendance de la justice, saluĂ©e par tous il y a quelques annĂ©es de cela, semble ĂȘtre mal assumĂ©e, et pose Ă  nouveau l’épineuse question de l’homme des pouvoirs et des institutions.

Au-dessus, il y a cette classe politique. Une Ă©lite censĂ©e traduire les aspirations profondes du peuple en projets salvateurs, mais qui malheureusement, s’est engluĂ©e dans les mĂ©andres de luttes aux finalitĂ©s malsaines et opportunistes. Trop prĂ©occupĂ©e par ses intĂ©rĂȘts personnels, insoucieuse devant la dĂ©sespĂ©rance de la population, elle a pour beaucoup fait le choix de rester dans des invectives inutiles, dans l’achat des consciences par des distributions d’argent, dont on doit chercher la provenance.

La consĂ©cration de l’impunitĂ© dans la gestion des deniers publics a contribuĂ© Ă  exacerber le sentiment d’injustice sociale au point d’alimenter de nombreuses rancƓurs contre l’Etat et ses dĂ©membrements.

Et il y a enfin ce peuple. Ce pauvre peuple, laissĂ© Ă  lui- mĂȘme, ballotĂ© de toutes parts, par les officines obscures cachĂ©es derriĂšre certaines technologies, et gavĂ© d’informations alarmistes par certains mĂ©dias devenus de dangereux outils de subversion. Un peuple qui n’a plus de repĂšre et qui n’arrive, ni Ă  se mobiliser derriĂšre son armĂ©e, ni Ă  se rĂ©volter contre l’ennemi. Un peuple qui a troquĂ© ses capacitĂ©s de rĂ©silience contre un assistanat continu. Un peuple en quĂȘte permanente de bouc-Ă©missaire. Un peuple qui est en train de perdre son Ăąme mais qui ne s’en rend mĂȘme pas compte. Un peuple qui semble avoir dĂ©cidĂ© de subir.

Voici, le portait de l’état dans lequel se trouvait le pays au moment oĂč nous prenions nos responsabilitĂ©s pour une meilleure gouvernance de notre pays.

Qu’avons-nous fait de notre hĂ©ritage ? Comment avons- nous pu tomber si bas ? Comment se rĂ©veiller enfin ?

Mes chers compatriotes ;

C’est Ă  ces diffĂ©rentes questions que nous avons entrepris de trouver des rĂ©ponses.

Durant ces cinq mois, nous avons essayĂ© d’interroger notre histoire. Quand on perd son chemin, il est sage de revenir Ă  ses racines. C’est ainsi que nous avons essayĂ© d’impliquer davantage les dĂ©positaires de nos traditions et de nos religions, gardiens de nos valeurs. De nombreux efforts ont Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©s. La conjugaison de tous ces efforts a Ă©tĂ© dĂ©cisive pour crĂ©er un Ă©lectrochoc nĂ©cessaire Ă  notre rĂ©veil collectif. Et les premiers signes de ce rĂ©veil commencent Ă  ĂȘtre perceptibles, aussi bien sur le plan de la rĂ©ponse militaire, que celui du dialogue : les deux piliers majeurs de notre stratĂ©gie.

PlongĂ©es il y a quelques mois dans un Ă©tat de dĂ©couragement et de dĂ©moralisation avancĂ©, nos Forces se sont remobilisĂ©es. L’intensification des actions offensives, conduites souvent en coordination avec les VDP, ont visĂ© surtout Ă  dĂ©sorganiser le dispositif ennemi. Sur le plan purement opĂ©rationnel, cet objectif-lĂ , est atteint.

L’acquisition de nouveaux Ă©quipements et le renforcement de nos capacitĂ©s techniques, nous permettent aujourd’hui de dĂ©livrer des feux avec une prĂ©cision et un effet de surprise que nous n’avions pas auparavant.

Dans une tentative dĂ©sespĂ©rĂ©e de se rĂ©organiser, les terroristes procĂšdent dĂ©sormais par groupuscules, misant sur des actions d’éclat comme la destruction d’infrastructures, les menaces ou les attaques contre les populations, pour maintenir l’illusion qu’ils gagnent du terrain.

Les actions offensives Ă©voquĂ©es ont Ă©tĂ© rendues possibles, grĂące Ă  l’amĂ©lioration du dispositif de renseignement, plus prĂ©cis, plus rĂ©actif et plus flexible. Cela a considĂ©rablement affinĂ© les opĂ©rations de ciblage qui ont permis la neutralisation de plusieurs chefs terroristes locaux.

Le dispositif mis en place pour assurer l’assistance aux populations dĂ©placĂ©es et aux populations vivant dans les zones difficiles constitue Ă©galement un point de satisfaction. MalgrĂ© les difficultĂ©s liĂ©es au terrain, jamais les populations n’ont Ă©tĂ© abandonnĂ©es Ă  elles-mĂȘmes.

En ce qui concerne la mise en Ɠuvre du processus de dialogue, les avancĂ©es enregistrĂ©es sont trĂšs significatives. Elles sont mĂȘme au-delĂ  de ce qui Ă©tait attendu. GrĂące Ă  l’engagement des autoritĂ©s religieuses, coutumiĂšres et administratives, le programme de dĂ©mobilisation est aujourd’hui en marche. Plusieurs dizaines de jeunes ont dĂ©jĂ  acceptĂ© de saisir la main tendue des communautĂ©s, en dĂ©posant les armes et en s’engageant dans le processus encadrĂ© par le Gouvernement.

Tous ces efforts combinĂ©s, ont permis d’observer une relative accalmie dans plusieurs localitĂ©s du Centre-nord, de l’Est et du Nord. LocalitĂ©s auparavant rĂ©guliĂšrement Ă©prouvĂ©es par les attaques terroristes. Certaines populations commencent progressivement Ă  regagner leurs terroirs dans ces rĂ©gions.

Il ne s’agit pas ici de s’autocongratuler sur les succĂšs engrangĂ©s car, nous en sommes conscients, la dynamique est Ă  peine entrain de s’enclencher. Il faudra tout mettre en Ɠuvre pour la consolider et faire en sorte que le processus devienne irrĂ©versible.

BurkinabĂš de l’intĂ©rieur et de la diaspora ;

La gravitĂ© de la situation interpelle notre conscience sur le sacrifice individuel et collectif que nous devons consentir. Cette situation nous impose en effet, au nom de la sauvegarde de notre Nation, de prioriser nos actions, nos dĂ©cisions, nos besoins, nos loisirs et mĂȘme nos libertĂ©s.

C’est le prix Ă  payer pour inverser la tendance et saisir enfin l’opportunitĂ© d’honorer notre histoire et de façonner notre devenir. C’est pourquoi, nous allons mettre en Ɠuvre toutes les mesures nĂ©cessaires, pour d’abord reprendre le contrĂŽle total de notre territoire et ensuite remettre notre pays sur les rails du progrĂšs. Il s’agira en effet de poursuivre et d’intensifier les actions militaires, afin de rĂ©duire au maximum les capacitĂ©s de nuisance de l’ennemi. Les nouveaux Ă©quipements militaires dĂ©jĂ  acquis ou d’autres en cours d’acquisition nous permettront de restreindre davantage et de façon dĂ©cisive la libertĂ© de manƓuvre des groupes qui refusent toujours la main tendue de la Nation.

Le moral de nos troupes étant un facteur décisif de cette guerre, les mesures concernant les conditions de vie et de travail des Forces de Défense et de Sécurité, des Groupes communaux de veille et de défense patriotique, seront renforcées.

Cela s’accompagnera d’une rĂ©organisation en profondeur de notre dispositif opĂ©rationnel afin de mettre en place un maillage territorial adaptĂ© Ă  l’évolution de la menace. Cette nouvelle structuration est dĂ©jĂ  en cours de dĂ©ploiement. Elle permettra non seulement de rĂ©pondre aux besoins sĂ©curitaires de proximitĂ©, mais facilitera Ă©galement l’appropriation par les communautĂ©s de leur propre sĂ©curitĂ©.

ParallĂšlement, le dialogue initiĂ© Ă  la base et qui produit dĂ©jĂ  des effets concrets, va ĂȘtre renforcĂ©. Des personnes ressources et particuliĂšrement influentes au sein des communautĂ©s, se sont engagĂ©es formellement Ă  s’impliquer pour un retour des filles et des fils Ă©garĂ©s. Au regard des rĂ©sultats auxquels nous sommes dĂ©jĂ  parvenus, il s’avĂšre que cette initiative de tendre la main Ă  nos frĂšres est trĂšs prometteuse. Je voudrais inviter tous les combattants des groupes armĂ©s qui, par peur ou par mĂ©fiance, hĂ©sitent encore Ă  dĂ©poser les armes, Ă  faire confiance Ă  l’État et Ă  suivre l’exemple de leurs camarades d’hier qui ont eu le courage de franchir le pas.

Sur le plan de la gouvernance, des rĂ©formes majeures seront mises en route pour remettre l’administration publique au service des administrĂ©s. Les rĂ©formes concerneront Ă©galement l’animation de la vie politique, qui a aujourd’hui plus des allures anarchiques que d’espaces de propositions pour un meilleur devenir de notre Nation. La classe politique doit porter les espoirs de notre peuple et constituer un exemple Ă  suivre en termes de valeurs patriotiques.

Sur le plan de la coopĂ©ration, nous sommes trĂšs reconnaissants aux pays amis du Burkina Faso, des efforts faits Ă  l’endroit de notre peuple en cette pĂ©riode dĂ©cisive de son histoire. Notre mutation sera profonde tant au plan politique, social, Ă©conomique, culturel que diplomatique afin d’asseoir dĂ©finitivement les bases d’un Etat-nation stable et prospĂšre. Dans cet Ă©lan de changement audacieux et dans l’intĂ©rĂȘt supĂ©rieur de notre pays, nos alliances seront portĂ©es vers des options qui garantissent le respect de notre indĂ©pendance.

Chers compatriotes;

Certains d’entre vous, par Ă©motion ou par impatience, succombent rapidement Ă  la tentation de tout remettre en cause, lorsque survient un coup dur. D’autres par contre, par ignorance ou par mauvaise foi manifeste, prĂ©fĂšrent ne voir que les coups durs, jetant aux oubliettes les efforts de nos Forces et ceux de nos vaillantes populations qui ont permis Ă  notre Nation de rester dĂ©bout.

C’est le lieu pour moi, de saluer les Ă©normes efforts consentis par l’ensemble des Forces de DĂ©fense et de SĂ©curitĂ©, ainsi que les Volontaires pour la DĂ©fense de la Patrie, qui s’inscrivent sans rĂ©serve dans la logique offensive imprimĂ©e par le Commandement des OpĂ©rations du ThĂ©Ăątre National dans la conduite des activitĂ©s de sĂ©curisation de notre territoire.

Je rĂ©itĂšre une fois encore ma compassion Ă  l’endroit de toutes les victimes, celles qui ont payĂ© de leur vie, mais aussi celles qui souffrent dans leur chair et dans leur dignitĂ© du fait du terrorisme.

Mes chers compatriotes;

L’histoire nous fait un clin d’Ɠil aujourd’hui. Il y a 75 ans, jour pour jour, le territoire de la Haute-Volta Ă©tait reconstituĂ© aprĂšs sa dissolution de 1932. En effet, le 4 septembre 1947 sonnait dĂ©jĂ  comme un nouveau dĂ©part pour le peuple fier de la Haute-Volta. L’espoir d’un avenir radieux qui naissait grĂące Ă  de valeureux hommes qui, Ă  l’époque, avaient dĂ©jĂ  compris que la Nation passait avant tout.

Des devanciers comme le Mogho Naaba Koom 2, HamadĂ© Bougouraoua OUEDRAOGO, Daniel OuĂ©zzin COULIBALY, Henri GUISSOU, Nazi BONI, le Mogho Naaba Sagha 2, GĂ©rard Kango OUEDRAOGO, Philippe Zinda KABORE et bien d’autres, ont rĂ©ussi ce sursaut patriotique qui nous permet aujourd’hui d’exister en tant que Nation. Si ces hommes y sont arrivĂ©s malgrĂ© l’adversitĂ© de l’époque, j’ai la ferme conviction que nous aussi, nous pouvons y arriver.

C’est pourquoi, je voudrais vous inviter Ă  ce mĂȘme sursaut patriotique. Marchons ensemble dans les pas de ces illustres hommes. Comme eux, faisons de ce 4 septembre 2022 un nouveau dĂ©part pour notre pays. Essayons ensemble de dompter nos fragilitĂ©s et de reconstruire notre vivre- ensemble. Faisons l’effort de retrouver nos valeurs. Franchissons le pas pour oser reparler Ă  l’autre, malgrĂ© la douleur et les rancƓurs. Il n’existe aucun autre chemin pour enrayer l’engrenage de violences qui nous endeuille quotidiennement. TĂŽt ou tard, il faudra emprunter ce chemin.

Les divergences que nous trainons depuis des annĂ©es, ne nous ont causĂ© que dĂ©solation. Il est temps de nous redonner la main pour penser ensemble notre avenir. Ce qui est en jeu, c’est notre survie. Ce qui est en jeu, c’est cette Terre que nous avons reçue en hĂ©ritage. La terre de Maurice YAMEOGO, la terre de Aboubacar SangoulĂ© LAMIZANA, de Saye ZERBO, de Jean-Baptiste OUEDRAOGO, de Thomas SANKARA, de Blaise COMPAORE, de Yacouba Isaac ZIDA, de Michel KAFANDO, de Roch Marc Christian KABORE.

Chers compatriotes;

Pour ma part, je me ferai le devoir de vous rendre compte pĂ©riodiquement de nos efforts communs de reconquĂȘte du territoire national. Sur ce, je vous donne rendez-vous en dĂ©but d’annĂ©e 2023, pour un autre bilan de la dynamique de reconquĂȘte de notre pays.

Que l’omnipotent et l’omniscient Dieu, nous inspire, afin que la paix soit bientĂŽt cĂ©lĂ©brĂ©e au Pays des hommes intĂšgres.

Pour la Patrie, nous vaincrons !

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