🔮 Situation sĂ©curitaire au Burkina : Les populations de Partiaga demandent un « changement de tactique » (DĂ©claration)

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Les forces vives de la ville de Partiaga dans la rĂ©gion de l’Est ont interpellĂ©, dans une dĂ©claration mercredi, sur la situation sĂ©curitaire et humanitaire de leur localitĂ©. La population rĂ©installĂ©e dans cette ville en proie aux exactions « terroristes » vit maintenant dans une situation alimentaire, sĂ©curitaire et sanitaire « trĂšs trĂšs prĂ©occupante », selon ses forces vives.

Les habitants de Partiaga demandent un « changement de tactique » de la part des autoritĂ©s avec plusieurs actions dans la commune, notamment un ravitaillement « le plus vite possible », ainsi qu’une « opĂ©ration de grande envergure » afin de libĂ©rer rapidement les axes routiers des communes voisines et de nos villages sous emprise terroriste.

Lire l’intĂ©gralitĂ© de la dĂ©claration đŸ‘‡đŸœ

 

Partiaga, le 24/04/2024

                                 Les forces vives de la commune de Partiaga

 

DĂ©claration Liminaire

Avant tout propos, je voudrais vous inviter Ă  observer une minute de silence en la mĂ©moire des FDS, VDP et des civils tombĂ©s sur les champs d’honneur pour la dĂ©fense de la patrie.

                                 Je vous remercie.

L’honneur me soit de prendre la parole ce matin, pour exprimer notre soutien au PrĂ©sident du FASO et Ă  toute la transition et notre engagement dans la lutte pour la reconquĂȘte du territoire.

Avec une superficie de deux mille kilomĂštres carrĂ©s (2000) kmÂČ, la commune de Partiaga fait partie des huit (08) communes que compte la province de la Tapoa et est la plus vaste en terme de superficie parmi les huit. Elle compte vingt-quatre villages administratifs et plus de quatre-vingt (80) hameaux de cultures. Tous les villages et hameaux de culture que compte la commune, sont sous contrĂŽle terroriste hors-mis Boungou et Toabri depuis 2020. Par contre, dans certaines communes du Burkina, d’autres ont connu des heures de joie pour avoir vues certains de leurs villages rĂ©installĂ©s. La commune de Partiaga ne ressent toujours pas des actions concrĂštes de grande envergure pour libĂ©rer ses axes et ses villages depuis la venue au pouvoir du Capitaine Ibrahim TRAORE. Pourtant la commune a toujours soutenu la transition Ă  diverses formes.

 Excellence Monsieur le PrĂ©sident, nous n’oublierons jamais la date fatidique du 26 fĂ©vrier 2023, oĂč nous avons traversĂ© une Ă©preuve douloureuse de l’histoire de Partiaga, mais nous manquerions Ă  un simple devoir de courtoisie, si nous  nous taisons sur la prompte rĂ©action des FDS et VDP surtout pour la grande mobilisation dont vous avez fait montre.

S’il est vrai que la population de Partiaga s’est rĂ©installĂ©e, il est aussi vrai que la situation alimentaire, sĂ©curitaire et sanitaire restent trĂšs-trĂšs prĂ©occupantes Ă  Partiaga, les populations sont obligĂ©es de consommer du tout : des feuilles d’arbres de tout genre, des mangues vertes et aujourd’hui, puisqu’il n’y reste rien Ă  consommer, les femmes sont obligĂ©es de sortir du chef-lieu de la commune pour se rendre dans les villages environnants oĂč sĂ©vices les terroristes et au prix de leur vie, Ă  la recherche de quoi nourrir leurs enfants .                                                                    

Il en a des femmes qui reviennent saines et sauves, il en a aussi certaines qui sont copieusement fouettées par les GAT, certaines aprÚs les coups de fouet sont déshabillées et renvoyées nues au Centre Ville.Certaines femmes aussi sont restées sans nouvelles depuis plus de dix (10) jours aprÚs leur sortie.  

Au regard des attaques récurrentes qui ont coûté la  vie de plusieurs FDS,  VDP et des civils dans la commune depuis quatre ans de cela, nous population de Partiaga demandons un changement de tactique :

Un convoi humanitaire le plus vite possible car nous n’avions bĂ©nĂ©ficiĂ© que de deux camions lors de l’arrivĂ© du dernier convoi de ravitaillement en janvier passĂ©.

– approvisionner aussi les magasins de la SONAGESS ;

– La libĂ©ration de la route nationale N°4 ; 

– La libĂ©ration de la route rĂ©gionale Ougarou-Nadiabonli ;

– Le retour des agents de la santĂ© au Centre MĂ©dical (CM) et Centre de SantĂ© et Promotion Sociale (CSPS) de Partiaga, car actuellement l’Infirmier Chef de Poste dudit CSPS est le seul qui fait office Ă  la maternitĂ© et au dispensaire pour une population cible de plus de six mille (6000) personnes que compte son aire sanitaire, le manque des produite pharmaceutiques nous a fait enregistrer au moins trois dĂ©cĂšs des femmes enceintes lors de leur accouchement durant ce dernier mois .Nous ne bĂ©nĂ©ficions presque pas des urgences dans ces genres de situation. 

Le retour des autoritĂ©s communales qui se retrouvent Ă  276Km de part et 25Km d’autre part du chef lieu de la commune dĂšpuis leur prise de pouvoir est le souhait de la Population. Cela, pour que l’administration puisse ĂȘtre proche de ses administrĂ©s ;

– La prise en compte des volontaires de l’éducation qui se battent nuit et jour pour un lendemain meilleur de nos enfants ;

– L’opĂ©rationnalisation d’au moins un seul rĂ©seau de tĂ©lĂ©communication pour nous connecter au reste du monde et aussi pour les transactions financiĂšres ;

– Des primes d’encouragements pour les travailleurs du public et privĂ© rĂ©sidents dans la commune ;

– Une opĂ©ration de grande envergure (terrestre et aĂ©rienne) afin de libĂ©rer rapidement les axes routiers des communes voisines et de nos villages sous emprises terroriste, suivi d’un ratissage qui permettra d’avoir une situation stable afin que les populations puissent vaquer aux travaux champĂȘtres de la saison hivernale qui s’annonce Ă  grand pas, cela permettra Ă  la mĂȘme population d’avoir de quoi se nourrir avec les proches des villages environnants et hameaux de cultures ;  

– La formation et l’équipement des volontaires pour la DĂ©fense de la Patrie (VDP) des diffĂ©rents villages de la commune ainsi que leur installation dans leurs localitĂ©s respectives ;

– L’intervention des vecteurs aĂ©riens pour neutraliser les groupes armĂ©s terroristes et dĂ©truire complĂštement leurs bases dans la commune ;

– La prise en compte des alertes au niveau du Centre National d’Appels ;

– La crĂ©ation et l’opĂ©rationnalisation d’un Bataillon d’Intervention Rapide (BIR) au sein de notre commune ;    car la situation est tellement pesant que nous vous faisons un bref rĂ©cit des statistiques des attaques qui ont eu lieu dans la seule commune et qui continue de faire toujours rage :

1- Le 26/02/2023 premiÚre attaque à Partiaga ;  

2- En août  2023 à Toabri ;

3- Le 18, 19 et 20 Janvier 2024 massacre des jeunes à Kalbouli et à Kouakouli ;

4- Le 21 Janvier 2024 Ă  Nadiabonli et Ă  Pokouabri oĂč nous en avons perdu au moins dix VDP et beaucoup des civils ;

5- Et en fin le 31 mars 2024 Ă  Toabri pour une Ă©niĂšme fois et tout cela sans compter des autres attaques et des exactions qui ont aussi fait souvent des victimes y compris nos FDS, VDP et la population civile.

Excellence, Monsieur le PrĂ©sident, tels sont les raisons qui nous ont motivĂ©s Ă  demander la crĂ©ation et l’installation d’un BIR dans la commune et l’augmentation des effectifs des FDS et VDP car beaucoup des jeunes se sont inscrit et attendent toujours d’ĂȘtre formĂ© et Ă©quipĂ©.

Excellence, nous ne pourrons terminer nos propos sans vous dire merci, merci et merci à toute votre équipe, aux FDS et VDP pour tout ce que vous aviez fait et ferrez pour notre cher pays et  nous vous rassurons de notre soutien indéfectible dans la marche vers notre souveraineté totale.

Que Dieu bénisse le Burkina Faso !

Vive le Capitaine Ibrahim TRAORE !

Vive la Transition !

Vives les FDS et les VDP

Vive la rĂ©gion de l’Est !

Vive la province de la Tapoa !

Vive la commune de Partiaga

La Patrie ou la Mort, nous Vaincrons.

Je vous remercie. 

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