🔴Jeux Olympiques : « Je ne crains personne, on se connaît, on se suit, on se verra et ce sera la guerre » (Faysal Sawadogo)

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À 27 ans, le taekwondoiste Faysal Sawadogo s’apprête à disputer les Jeux Olympiques pour la deuxième fois de sa carrière. Eliminé prématurément à Tokyo, le Burkinabè a depuis lors gravi les échelons pour se positionner comme l’un des meilleurs dans la catégorie des moins de 80 kg. Médaillé de bronze aux derniers Jeux Africains à Accra et champion d’Afrique à Abidjan, il représentera à Paris, une chance de médaille pour son pays à l’image des athlètes Hugues Fabrice Zango et Marthe Koala. Son dernier fait d’arme, la médaille d’or décrochée en avril au Tournoi international d’Estonie à Tallin, après avoir battu le numéro 2 mondial en finale, l’Egyptien Seif Eissa. Dans cet entretien accordé à Oméga Médias, le natif de Ouagadougou sans langue de bois évoque ses difficultés mais reste focus sur l’objectif qui est d’offrir une médaille à son pays.

Oméga Médias : Les Jeux Olympiques c’est dans quelques semaines. Comment Faysal Sawadogo se sens dans la tête ?

Faysal Sawadogo: Je me sens toujours le même. Rien n’a changé en moi. Je suis free dans la tête comme on le dit souvent.

Oméga Médias : De quoi est fait votre quotidien dans la perspective des JO?

Faysal Sawadogo, médaillé d’or au tournoi international d’Estonie

Faysal Sawadogo : Mon quotidien est beaucoup plus axé sur la préparation, les réglages tactiques et techniques. Il y aura par la suite quelques stages pré-olympiques qui rentreront toujours dans la préparation pour les JO.

Oméga Médias : Ce sera votre deuxième participation aux JO après Tokyo 2020. Aujourd’hui vous vous sentez plus fort par rapport à Tokyo ?

Faysal Sawadogo : Naturellement et statistiquement je suis plus en forme que les JO précédents. Mais ça reste les JO et il faut prendre tous les aspects en compte et ne négliger personne car ce sont les 16 meilleurs parmi plus de 700 athlètes dans la catégorie des moins de 80 kg.

Oméga Médias : Vous êtes présentement dans top 10 mondial dans votre catégorie. Vous êtes également champion d’Afrique et médaillé de bronze aux derniers Jeux Africains. Comment évaluez-vous vos chances de médaille à Paris ?

Faysal Sawadogo, premier médaillé d’or burkinabè dans l’histoire des championnats d’Afrique

Faysal Sawadogo : Les Jeux Olympiques, c’est un autre monde. Tout le monde a ses chances. Les résultats engrangés sont sûrement de très bon signes, mais le plus important se jouera sur les petits détails et la préparation. Les résultats engrangés ne doivent pas nous éloigner de notre rigueur, notre discipline et de l’objectif principal.

Oméga Médias : Est-ce qu’il y a particulièrement des adversaires que vous craignez ?

Faysal Sawadogo : Franchement, je ne crains personne à ces Jeux Olympiques. On se connaît, on se suit, on se verra et ce sera la guerre comme d’habitude.

Oméga Médias : Le public burkinabè fonde beaucoup d’espoir sur vous. Ce n’est pas une pression supplémentaire sur vos épaules ?

Faysal Sawadogo : Au contraire, je le prends positivement car nous avons de devoir de faire espérer la jeunesse burkinabè, à la faire croire en elle. Nous avons le devoir de montrer aux Burkinabè que l’on peut être du pays de Sankara et être au sommet du monde. Au delà de ces espoirs, ce public n’a jamais cessé de me porter en prière et ces prières vont toujours nous accompagner.

Le taekwondoïste présentant une de ses médailles au chef suprême des mossis

Oméga Médias : Avez-vous l’impression d’être soutenu par les autorités sportives burkinabè ?

Faysal Sawadogo : Bien sûr, j’ai un soutien de nos autorités en tant qu’athlète normal et j’en suis très reconnaissant. Mais en tant qu’athlète professionnel de haut niveau, amené à participer à des compétitions de très haut niveau qui prennent en compte que les meilleurs, et étant en préparation pour les Jeux Olympiques, je pense qu’il faut être réaliste. Il en faut plus. Sauf si nous n’avons pas d’ambitions.

Oméga Médias : À Accra lors des Jeux africains, vous avez combattu sans votre staff technique. Ce sera le cas à Paris ?

Faysal Sawadogo : J’espère et j’ose croire que non. Les JO, ce n’est pas le lieu où il faut aller prendre des risques. J’espère donc y être avec au moins mon physio qui est très déterminant et mon coach. C’est le minimum pour rester le plus concentré possible et ça, il n’y a pas de débat pour un tel niveau.

Oméga Médias : Merci et bonne chance pour Paris

Faysal Sawadogo : Merci Oméga Médias.

Entretien réalisé par Bernabé Kabré

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