🔮Crise sĂ©curitaire : « Laisser indexer clairement un groupe ethnique, Ă  savoir les Peuls (…) est une faute grave » (Mouvement SENS)

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Le mouvement SENS dans une dĂ©claration, dimanche, s’est « inquiĂštĂ© des possibles escalades de violence et d’effusion de sang qui pourraient encore endeuiller » le Burkina Faso.

Cette déclaration selon le Mouvement SENS se veut une réaction à un « message de nature génocidaire » qui circule depuis bientot une semaine sur les réseaux sociaux.

« C’est pourquoi nous disons que laisser indexer clairement un groupe ethnique, Ă  savoir les Peuls, dans cette situation complexe, est une faute grave » s’insurge le Mouvement SENS qui condamne avec la derniĂšre Ă©nergie ces messages. Il dit s’opposer Ă©galement aux agissements de ceux qui se font appeler « les gillets rouges » qui se promĂšnent de domicile en domicile pour profĂ©rer des menaces sur d’autres concitoyens. »

L’intĂ©gralitĂ© de la dĂ©claration Ă  lire ici 👇

 

DĂ©claration du Mouvement SENS sur le risque de basculement vers l’irrĂ©parable, et de la responsabilitĂ© devant l’histoire.

Notre pays fait face à la crise humanitaire complexe la plus grave de son histoire depuis plus de sept ans. Les victimes directes, leurs familles, et toute la nation en sont affectées dans leur chair et dans leur ùme. Nous adressons une pensée pieuse à toutes celles et tous ceux qui sont morts pour défendre la patrie, pour que nous restions debout. Nous souhaitons également du courage à celles et ceux qui sont engagés à la défense de la patrie.

Nous avons vu, avec Ă©tonnement et indignation circuler sur des rĂ©seaux sociaux, un message de nature gĂ©nocidaire, dont la gravitĂ© n’a d’égale que l’assurance dĂ©complexĂ©e de son auteur. Il dit en substance ceci : “
Nous savons quel groupe ethnique est Ă  la base de ses atrocitĂ©s, ils ont des reprĂ©sentants ici Ă  Ouahigouya. Nous leur demandons de parler Ă  leurs parents sinon
”

Le mouvement SENS s’inquiĂšte des possibles escalades de violence et d’effusion de sang qui pourraient encore endeuiller notre mĂšre patrie. Ne sommes-nous pas assez fatiguĂ©s de pleurer nos morts, n’avons-nous pas assez mal de savoir que des millions de nos frĂšres et sƓurs sont chassĂ©s de chez eux et qu’ils vivent sur des sites de fortune ?

Le message Ă  caractĂšre gĂ©nocidaire qui circule depuis bientĂŽt une semaine est abjecte et nous le condamnons avec la derniĂšre Ă©nergie. Ce n’est malheureusement pas le seul, car d’autres messages du mĂȘme type semblent avoir atteint un grand nombre de nos compatriotes. Il s’agit d’une vieille technique connue qui tente de faire accepter une contre-vĂ©ritĂ©, avant de passer Ă  l’acte ignoble. Plus on expose des gens Ă  un message, mĂȘme mortifĂšre, plus ils finissent par y adhĂ©rer, aussi ignoble que soit le message.

Pour ceux qui connaissent bien l’histoire des gĂ©nocides et des atrocitĂ©s un peu partout dans le monde, ceux-ci commencent gĂ©nĂ©ralement par l’identification, la dĂ©shumanisation et la persĂ©cution d’un groupe en raison de son origine ethnique, de sa race, de sa religion ou de sa nationalitĂ©. Cela se fait souvent par l’instigation des autoritĂ©s ou sous leur silence complice.

L’histoire des autres nations doit nous instruire. L’Allemagne nazie, le Cambodge, le Rwanda et bien d’autres pays ont connu des horreurs parce que la majoritĂ© silencieuse est restĂ©e inactive devant les plans assassins d’une minoritĂ© qui s’est crue tout permis. C’est pourquoi nous disons que laisser indexer clairement un groupe ethnique, Ă  savoir les Peuls, dans cette situation complexe, est une faute grave. Devrions-nous rappeler que toutes nos communautĂ©s, et en premier lieu la communautĂ© peule, ‘sont toutes aussi affectĂ©es, et qu’elles sont toutes victimes du terrorisme ?

Nous appelons tous ceux qui diffusent ces messages, tous ceux qui les produisent, Ă  cesser immĂ©diatement. Ils seront tenus pour responsables devant l’histoire et devant l’opinion publique nationale et internationale des consĂ©quences de leurs messages. Ils doivent savoir que tout ce qu’ils font et disent est documentĂ© et que l’heure sonnera bientĂŽt oĂč ils devront en rĂ©pondre.

Nous condamnons fermement les agissements irresponsables de ceux qui se font appeler « gilets rouges », et qui se promĂšnent de domicile en domicile pour profĂ©rer des menaces sur d’autres concitoyens. Nous leur enjoignons d’arrĂȘter immĂ©diatement ces agissements qui sapent le fondement de notre nation, mettent en pĂ©ril notre vivre ensemble et menacent gravement le fragile tissu social qui est dĂ©jĂ  en lambeaux.

La tendance Ă  traiter d’autres BurkinabĂš de sous hommes, d’apatrides, de traĂźtres et de tous les noms d’oiseaux de mauvais augures, qui a Ă©tĂ© renforcĂ©e par les sorties malheureuses du capitaine Ibrahim TraorĂ© lui-mĂȘme, et qui est Ă©galement renforcĂ©e par le silence des autoritĂ©s religieuses et coutumiĂšres, doit aussi ĂȘtre signalĂ©e car l’histoire le retiendra.

Le silence et l’inaction des autoritĂ©s municipales, promptes Ă  interdire les manifestations des organisations insoumises au pouvoir sont une prime pour les auteurs de ces menaces.

Que dire du gouvernement qui n’a jamais accordĂ©e la moindre attention Ă  ces agissements attentatoires Ă  la cohĂ©sion sociale, trahissant ainsi l’une de ses missions inscrites dans la Charte de la Transition Ă  savoir, « Ɠuvrer Ă  la rĂ©conciliation nationale et Ă  la cohĂ©sion sociale ». La responsabilitĂ© exige que tous et chacun doivent immĂ©diatement donner de la voix, pour limiter les dĂ©gĂąts et Ă©viter le pire.

Chaque BurkinabĂš est nĂ© libre, avec des droits inaliĂ©nables dont ceux de penser et de s’exprimer librement, sans crainte et sans peur pour sa vie.

Nous lançons enfin un appel solennel Ă  toutes les organisations de dĂ©fense des droits humains et Ă  tous ceux qui sont Ă©pris de paix et de justice, Ă  ĂȘtre mobiliser et Ă  mener des actions terrain pour un retour de la sĂ©rĂ©nitĂ© et de la paix dans notre pays.

Ouagadougou le 21 avril 2024,
La Coordination Nationale

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