🔮 L’Etat a travaillĂ© avec un trafiquant pour l’achat d’armes, selon un audit 2016- 2021 de l’ASCE-LC

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L’AutoritĂ© SupĂ©rieure du ContrĂŽle d’Etat et de Lutte contre la Corruption (ASCE-LC) indique avoir relevĂ© des « irrĂ©gularitĂ©s » dans la gestion comptable du ministĂšre de la DĂ©fense et des Anciens combattants a sur la pĂ©riode de 2016 Ă  2021. L’annonce a Ă©tĂ© faite par le ContrĂŽleur gĂ©nĂ©ral d’Etat par intĂ©rim, Urbain Milogo qui a remis au Premier ministre le rapport gĂ©nĂ©ral d’activitĂ©s 2022 de l’ASCE-LC, le lundi 11 mars 2024, Ă  Ouagadougou.

« Au niveau de ce ministĂšre, des irrĂ©gularitĂ©s ont Ă©tĂ© relevĂ©es. Nous avons auditĂ© le budget de l’armĂ©e depuis 2016 et il ressort que pour l’achat des armes, l’Etat a travaillĂ© avec un trafiquant. Pour l’achat de l’armement, des contrats ont Ă©galement Ă©tĂ© attribuĂ©s Ă  plusieurs entreprises appartenant Ă  une mĂȘme personne physique. Il ressort aussi que pour la gestion du carburant, il n’y a pas de comptable matiĂšre donc il faut travailler Ă  corriger cela. Il faut mettre en place ce qu’il faut pour que tout soit traçable au niveau de la gestion du carburant », a-t-il dĂ©clarĂ© L’annonce a Ă©tĂ© faite par le ContrĂŽleur gĂ©nĂ©ral d’Etat par intĂ©rim, Urbain Milogo.

A Ă©couter le Chef du Gouvernement, s’il y a des dĂ©penses infondĂ©es et injustifiĂ©es au niveau de l’armĂ©e, l’ASCE-LC doit porter cela Ă  la connaissance du Procureur pour que les personnes incriminĂ©es se justifient.

« Ceux qui ont donnĂ© le marchĂ© de l’armement Ă  un trafiquant doivent rĂ©pondre, car on ne peut pas donner un marchĂ© Ă  quelqu’un qui n’est pas qualifiĂ© pour l’exĂ©cuter. Le PrĂ©sident de la Transition veut qu’il y ait la lumiĂšre. Nous ne sommes pas contents avec la maniĂšre dont l’armĂ©e a Ă©tĂ© gĂ©rĂ©e », a-t-il martelĂ©.

Au cours de cette audience, l’architecture du contrĂŽle au Burkina Faso a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e au Premier ministre.

De cette architecture, l’on retient que l’ASCE-LC est l’organe supĂ©rieur en termes de contrĂŽle administratif et de lutte contre la corruption au Burkina Faso.

« L’institution travaille en synergie avec les inspections techniques dans les ministĂšres et l’inspection gĂ©nĂ©rale des forces armĂ©es. Notre institution compte 26 ContrĂŽleurs d’Etat pour tout le pays et cela est insuffisant. Comme difficultĂ© que nous rencontrons, on peut citer l’instabilitĂ© au niveau des ministĂšres. Nous avons un projet de rĂ©forme de ces inspections pour les rendre indĂ©pendantes et stables. Ce qui va leur permettre de bien mener leurs missions.Dans notre mĂ©thodologie, l’audit c’est pour amĂ©liorer. De façon gĂ©nĂ©rale, il faut un plan d’actions pour la mise en Ɠuvre des recommandations contenues dans le rapport », a soutenu le ContrĂŽleur gĂ©nĂ©ral par intĂ©rim.

La Loi organique n°0822015/CNT du 24 novembre 2015 portant attributions, composition, organisation et fonctionnement de l’AutoritĂ© SupĂ©rieure de ContrĂŽle d’Etat et de Lutte contre la Corruption (ASCE-LC) stipule que le ContrĂŽleur gĂ©nĂ©ral d’Etat publie chaque annĂ©e un rapport annuel adressĂ© au PrĂ©sident du Faso, avec copie au Premier ministre et au prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale.

La remise du rapport gĂ©nĂ©ral d’activitĂ©s 2022 de l’ASCE-LC au Premier ministre, Dr Apollinaire Joachimson KyĂ©lĂšm de TambĂšla, s’inscrit en droite ligne de cette prescription.

De la synthĂšse de ce rapport fait par le ContrĂŽleur gĂ©nĂ©ral d’Etat par intĂ©rim, Urbain Milogo, il est ressorti que la gestion financiĂšre et comptable, exercice 2022, a concernĂ© 21 ministĂšres et institutions et couvert les exercices budgĂ©taires 2020 et 2021.

Selon lui, ce rapport est subdivisĂ© en trois tomes : le premier tome consacrĂ© aux moyens mis Ă  la disposition de l’ASCE-LC, le deuxiĂšme porte sur les activitĂ©s mĂ©tiers, notamment les audits, et le troisiĂšme concerne le suivi des recommandations et des actions en justice.

Au niveau de la rĂ©duction du train de vie de l’Etat, plus spĂ©cifiquement pour ce qui concerne la dĂ©localisation des ateliers, il est relevĂ© des dĂ©penses de trois (3) milliards de francs CFA, ce qui a fait dire Ă  Urbain Milogo « qu’on pouvait ne pas dĂ©localiser ces ateliers ».

Pour sa part, Dr KyĂ©lĂšm de TambĂšla a fĂ©licitĂ© l’ASCE-LC pour le travail abattu et l’a encouragĂ© Ă  persĂ©vĂ©rer dans ce sens.

Il a par ailleurs questionnĂ© sur l’impact de l’ASCE-LC dans la gestion de la chose publique.

Ce Ă  quoi le ContrĂŽleur gĂ©nĂ©ral d’Etat par intĂ©rim Ă  rĂ©pondu que la peur du gendarme est dĂ©jĂ  un point positif.

« Le comportement face Ă  la gestion des fonds publics n’est plus pareil. Les dĂ©tournements de fonds ont beaucoup diminué », a-t-il expliquĂ©.

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