🔮 Les imams du SĂ©nĂ©gal qualifient de « coup d’Etat institutionnel » le report de la prĂ©sidentielle, (dĂ©claration)

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La Ligue des Imams et PrĂ©dicateurs du SĂ©nĂ©gal (LIPS) qui dit – suivre avec beaucoup d’inquiĂ©tude la situation nationale avec la « dĂ©claration malheureuse du chef de l’Etat qui a bouleversĂ© le processus Ă©lectoral et rompu avec la tradition dĂ©mocratique que connaissait [le] pays » – exige du PrĂ©sident de la RĂ©publique qu’il arrĂȘte le coup d’Etat institutionnel en gestation.

Dans sa dĂ©claration, le bureau national de la Ligue des Imams et PrĂ©dicateurs du SĂ©nĂ©gal affirme que « cette attitude du chef de l’Etat est en contradiction avec son rĂŽle de gardien de la constitution, car elle viole toutes les dispositions pertinentes de [la] charte fondamentale ».

La Ligue qui dit appeler « tous les citoyens sĂ©nĂ©galais Ă©pris de justice et fiers d’appartenir Ă  un peuple qui a toujours refusĂ© la servitude Ă  se lever comme un seul homme pour rejeter cette Ă©niĂšme attaque qui dĂ©shonore [le] pays Ă  tous points de vue, demande au chef de l’État de « renoncer Ă  cette initiative catastrophique visant Ă  interrompre un processus Ă©lectoral dans lequel son implication se limite Ă  une bonne organisation. Tout alibi avancĂ© est non seulement malhonnĂȘte mais entraĂźnerait le pays dans une conspiration dont les consĂ©quences seraient incommensurables ».

Aussi, « la Ligue est consternĂ©e par la dĂ©claration sournoise et non explicite de la CEDEAO qui refuse de condamner ce coup d’Etat institutionnel. La position ambiguĂ« de la CEDEAO sur cette violation illĂ©gitime et illĂ©gale du droit du peuple sĂ©nĂ©galais Ă  choisir librement son prĂ©sident enlĂšve Ă  cette organisation ce qui lui restait de crĂ©dibilité », peut-on lire dans la dĂ©claration.

La Ligue estime que le Président Sall « devra simplement assumer son rÎle dans le processus et ne pas faire moins que ses prédécesseurs, en organisant des élections dans le strict respect de la loi électorale et en restituant le dépÎt le 02 avril 2024 ».

Tout acte contraire, dit-elle, serait assimilable à de la parjure de sa part et pourrait plonger le Sénégal dans un chaos dont personne ne sortirait indemne.

« A ce tournant sans prĂ©cĂ©dent de notre histoire nationale, la Ligue appelle toutes les voix audibles du pays Ă  refuser d’abandonner le peuple Ă  son sort, Ă  lui venir en aide et Ă  exiger du PrĂ©sident de la RĂ©publique qu’il arrĂȘte le coup d’Etat institutionnel en gestation et qu’il poursuive le processus Ă©lectoral que rien de lĂ©gal entre ses mains ne peut remettre en cause », a ajoutĂ© la Ligue.

Samedi, le PrĂ©sident sĂ©nĂ©galais Macky Sall, a dĂ©cidĂ© dans une adresse Ă  la nation, du report de l’élection prĂ©sidentielle initialement prĂ©vue le 25 fĂ©vrier. Le chef de l’Etat a annoncĂ© l’ouverture d’un dialogue national.

Une dĂ©cision qui est intervenue Ă  quelques heures de l’ouverture de la campagne, prĂ©vue samedi Ă  minuit. 20 candidats Ă©taient en lice pour la prĂ©sidentielle.

Tout est parti de l’exclusion de Karim Wade pour la prĂ©sidentielle Ă  cause de sa double nationalitĂ© sĂ©nĂ©galaise et française, selon le Conseil constitutionnel.

Le candidat avait dĂ©noncĂ© « une dĂ©cision scandaleuse » et « un nouveau complot judiciaire », avant que son parti n’initie Ă  l’AssemblĂ©e nationale le processus ayant abouti Ă  la mise en place de la commission d’enquĂȘte parlementaire.

Dimanche, au lendemain du report de la présidentielle, des manifestations ont éclaté dans les rues de Dakar.

Ce lundi, l’assemblĂ©e nationale sous haute surveillance, examine la proposition de loi controversĂ©e sur le report de l’élection prĂ©sidentielle annoncĂ© par le chef de l’Etat Macky Sall. Un texte qui reporterait le scrutin de six mois maximum et son approbation, qui nĂ©cessite une majoritĂ© des trois cinquiĂšmes des 165 dĂ©putĂ©s, n’est pas acquise.

Lamine Traoré / Oméga médias

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