Tchad : Idriss Déby le maréchal du Tchad a livré sa dernière bataille

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Il est venu au pouvoir par les armes, et il en est parti par les armes. « Idriss Déby Itno vient de connaitre son dernier souffle en défendant l’intégrité territoriale sur le champ de bataille », a annoncé le porte-parole de l’armée, le général Azem Bermandoa Agouna ce 20 avril 2021, alors que le pays fait face depuis le 11 avril, date de l’élection présidentielle, a une rébellion au nord du pays. Selon l’armée, le maréchal du Tchad est mort « des suites de ses blessures au front ».

En effet, depuis son arrivée au pouvoir en 1990, Idriss Déby Itno n’a jamais déposé la kalach. Présenté comme un « fin stratège militaire » par ses proches collaborateurs, il est régulièrement sur le terrain des combats avec ses hommes pour livrer bataille aux rebellions et autres groupes terroristes. L’une de ses victoires récentes est l’opération « Colère de Boma », qu’il a conduite contre la nébuleuse terroriste Boko Haram dans la région du Lac Tchad. Cette opération a été lancée en réponse à la mort de 98 soldats tués dans une attaque de Boko Haram le 23 mars 2020. Au bilan, l’armée a annoncé que 1000 terroristes ont été neutralisés, un chiffre probablement surestimé, mais des sources indépendantes parlent néanmoins de plusieurs centaines de morts. 52 militaires y ont également laissé la vie selon l’armée. C’est a l’issue de cette opération que Idriss Déby s’est  fait attribuer la distinction de maréchal, le tout premier de l’histoire du Tchad.

En 1990, lorsqu’il arrivait au pouvoir, il était colonel de l’armée tchadienne. Mais en désertion, puisqu’il avait dû fuir en Libye, puis au Soudan après avoir été accusé de complot par le pouvoir de Hissène Habré dont il était le conseiller militaire. Le 4 décembre 1990, ses troupes marchent sur N’Djamena et renversent Hissène Habré. « Je ne vous ai apporté ni or ni argent mais la liberté et la démocratie », avait-il promis aux Tchadiens.

Dans la zone sahélienne également Idriss Déby était considéré comme un bon pilier dans la lutte contre le terrorisme. Son expérience de chef de guerre était un atout pour la force sous-régionale du G5 Sahel et il n’hésitait pas à envoyer ses soldats défendre les pays les plus vulnérables à la menace terroriste. En février dernier, il avait autorisé le déploiement de 1200 hommes dans la zone des 3 frontières Burkina-Mali-Niger.

Le fils de Berboda a passé l’arme à gauche ce week-end. Il sera resté au pouvoir 30 ans. Il venait tout juste de rempiler pour un 6e mandat.

Abdoul Fhatave TIEMTORE

 

 

 

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