A 50 ans la musicienne Burkinabè Sami Rama annonce la fin de sa carrière, « raisons religieuses »

Ce n’est pas courant dans le monde des musiciens de raccrocher. C’est ce que vient de faire pourtant l’une des « divas » de la musique Burkinabè, Sami Rama. Et oui, toute voilée et en larmes, Sami Rama, disparue de la scène depuis quelques années annonce qu’elle n’y reviendra plus. Et l’annonce est faite dimanche depuis l’Allemagne où elle réside désormais et dans un live via sa page Facebook officielle de près d’une heure.
« Je viens auprès de vous, vous demander 1000 fois pardon, de vous avoir entraîné dans mon rêve et de m’être arrêtée en cours de chemin. Pardonnez-moi du fond du cœur de partir au moment où vous espériez de moi de nouvelles réalisations. J’ai toujours nourri le rêve de vous donner le meilleur de moi, mais je suis désolée de mettre fin à cette aventure. Abandonnée une chose qu’on a mis presque toute sa vie à construire et s’arrêter au moment où véritablement les choses se mettaient en place, croyez-moi ce n’est pas pas facile. Si j’ai mis du temps avant de vous l’annoncer , c’est parce qu’une telle décision ne se décide pas du jour au lendemain. C’est un processus, c’est une lutte entre l’âme et mes passions. Ce n’est pas la fin, mais le début d’une autre aventure », affirme la musicienne.
Sami Rama a célébré le 6 février dernier ses 50 ans.
« Alors, ces 50 ans de vie pour moi tournent officiellement une page de ma vie. J’espère vous avoir apporté quelque chose au cours de cette aventure. J’espère avoir apporté quelque chose à mon pays, à l’humanité, je vous retrouverai sur d’autres fronts pour de nouveaux challenges », a dit Sami Rama.
Sami Rama évoque des « raisons religieuses » à cette fin de carrière.
« La voie de Dieu, n’est pas celui des humains. J’ai toujours rêvé de mener une vie pieuse, j’ai été interpellée par ce manquement et ma conscience m’a grondé, alors, j’ai décidé de reparer ce manquement qui me perturbait. Alors, j’ai pris la décision d’installer la régularité et de faire des recherches sur Dieu et sur sa parole pour une meilleure et sincère pratique. Je suis allée auprès de mon créateur et j’ai déposé toute ma vie à ses pieds et je me suis mise dans une période de méditations, de lectures, de prières, de jeûne, je me suis isolée afin de mieux discerner et comprendre des choses. Ce fut un cheminement qui a recadré mes élans, ma vision, mes rêves, un processus qui a installé et écrit quelque chose de nouveau en moi et petit à petit je me suis éloignée de l’univers de la scène, car mon âme avait besoin de connaître un nouvel horizon ».
Sami Rama commence sa carrière au sein des « Petits chanteurs aux poings levés » et « Les Colombes de la Révolution ». Elle est auteure de plusieurs œuvres musicales, « Dounia », « N’na », « Afriki Bi »… des albums. L’une de ses dernières chansons à succès est sans conteste « Y croire », sortie en 2005. La musicienne s’est produite au Burkina, dans la sous-région et en Europe.
Elle a été vedette de la chanson à la Semaine nationale de la culture (SNC), 1996. En 2002 est est Kundé du meilleur artiste féminin. Sami Rama a aussi été lauréate du concours de la Francophonie.
Une nouvelle vie commence ainsi pour la musicienne.
Lamine Traoré

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