🔮 Menaces contre Inoussa OuĂ©draogo : Les OPM tiennent les autoritĂ©s de la Transition pour responsables et mettent en garde

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Les organisations professionnelles des mĂ©dias (OPM) ont condamnĂ© ce mardi 29 aoĂ»t, dans une dĂ©claration, les menaces et intimidations dont fait l’objet le journaliste Inoussa OuĂ©draogo, prĂ©sident de la SociĂ©tĂ© des Ă©diteurs de la presse privĂ©e (SEP) et membre du ComitĂ© de pilotage du Centre national de presse Norbert Zongo (CNP-NZ).

Selon les OPM ces menaces « se sont accentuĂ©es derniĂšrement suite Ă  la participation de notre confrĂšre Ă  l’émission « 7 Infos » de la TĂ©lĂ©vision BF1 le 13 aoĂ»t 2023 ». « Visiblement ce sont les positions des OPM condamnant la mesure illĂ©gale de suspension de la Radio OmĂ©ga et dĂ©fendues par Inoussa OuĂ©draogo au cours de l’émission « 7 Infos » ainsi que la visite rendue Ă  Radio OmĂ©ga par une dĂ©lĂ©gation des OPM conduite par Inoussa OuĂ©draogo, qui lui valent cette haine viscĂ©rale des fossoyeurs de la libertĂ© d’expression et de la presse », peut-on lire dans la dĂ©claration.

Les organisations professionnelles des mĂ©dias disent tenir « les autoritĂ©s de la Transition pour responsables des cas rĂ©pĂ©tĂ©s de violation de la libertĂ© d’expression et de la presse, surtout que les auteurs se prĂ©sentent comme des inconditionnels du PrĂ©sident de la Transition », et appellent les autoritĂ©s compĂ©tentes Ă  se saisir de la question pour « assurer urgemment la sĂ©curitĂ© des confrĂšres menacĂ©s et de leurs familles ».

Lire l’intĂ©gralitĂ© de la dĂ©claration ici đŸ‘‡đŸœ

 

Déclaration sur les menaces et intimidations à lencontre du journaliste Inoussa Ouédraogo

Inoussa Ouédraogo, journaliste, président de la Société des éditeurs de la presse privée (SEP) et membre du Comité de pilotage du Centre national de presse Norbert Zongo (CNP-NZ) fait lobjet, depuis plusieurs mois, de menaces, de filature, dintimidations et de pressions diverses.
Ces menaces se sont accentuées derniÚrement suite à la participation de notre confrÚre à lémission « 7 Infos » de la Télévision BF1 le 13 août 2023. Il avait représenté les Organisations professionnelles des médias (OPM) à cette émission voulue par la télévision qui avait souhaité aborder la suspension de la radio Oméga par le gouvernement, dénoncée par les OPM à travers une déclaration publique le 11 août 2023. Les téléspectateurs de cette émission de grande audience se souviennent encore du passage trÚs remarquable de Monsieur Ouédraogo qui avait fermement démontré le caractÚre totalement illégal et arbitraire de la décision du gouvernement.
Les auteurs des menaces usent de plusieurs stratagĂšmes. Dans la nuit du 13 aoĂ»t 2023, aux environs de minuit, des individus, venus Ă  moto, ont stationnĂ© devant le domicile de Monsieur OuĂ©draogo. Pendant que la moto est restĂ©e en marche avec le conducteur Ă  bord, lun d’eux est montĂ© sur la voiture de notre confrĂšre qui Ă©tait garĂ©e dehors pour jeter un coup dil dans la cour. Malheureusement pour lui il est tombĂ© sur le regard des jeunes qui causaient toujours dans la cour autour dun thĂ©. Lespion est aussitĂŽt descendu du toit de la voiture et la moto qui lattendait est repartie en trombe. Bien Ă©videmment, une telle scĂšne laisse courir toutes les hypothĂšses possibles. Mais puisquil ne sagit pas dun acte isolĂ©, nous sommes bien fondĂ©s Ă  croire que cet espionnage a un lien avec les prises de positions de notre confrĂšre et singuliĂšrement son dernier passage Ă  BF1, puisque cest cette mĂȘme nuit que la scĂšne dĂ©crite a eu lieu.
Il y a Ă©galement d’autres faits inquiĂ©tants. Plusieurs appels et enregistrements audios porteurs de menaces claires dattenter Ă  sa vie ont Ă©tĂ© adressĂ©s Ă  des membres de la famille de Inoussa OuĂ©draogo. Dans leurs messages, les auteurs mettent en garde le journaliste et profĂšrent des menaces de mort « sil narrĂȘte pas ses analyses contre le prĂ©sident de la Transition, le Capitaine Ibrahim Traoré » lors des Ă©missions auxquelles il participe. Ces individus ont avouĂ© Ă  leurs interlocuteurs que sils ne sont pas passĂ©s Ă  lacte jusque-lĂ , cest en raison de certaines considĂ©rations familiales.
Visiblement ce sont les positions des OPM condamnant la mesure illĂ©gale de suspension de la Radio OmĂ©ga et dĂ©fendues par Inoussa OuĂ©draogo au cours de lĂ©mission « 7 Infos » ainsi que la visite rendue Ă  Radio OmĂ©ga par une dĂ©lĂ©gation des OPM conduite par Inoussa OuĂ©draogo, qui lui valent cette haine viscĂ©rale des fossoyeurs de la libertĂ© dexpression et de la presse. Des individus sans foi ni loi qui se croient investis de pouvoirs pour sattaquer aux Hommes de mĂ©dias et Ă  toute voix qui osent dĂ©noncer les travers de la Transition, porter des critiques sur la gestion de la situation sĂ©curitaire ou Ă©mettre des avis contraires Ă  la volontĂ© des autoritĂ©s. A titre illustratif, rien qu’en juillet 2023, IsmaĂ«l OuĂ©draogo, journaliste, Directeur gĂ©nĂ©ral de la tĂ©lĂ©vision Burkina info TV, a fait l’objet de menaces et d’injures suite Ă  un Ă©ditorial sur le projet de rĂ©fĂ©rendum constitutionnel.
Les menaces contre nos confrÚres Inoussa Ouédraogo et Ismaël Ouédraogo viennent grossir les nombreux cas de menaces contre les médias et les journalistes dénoncées à maintes reprises par les OPM et qui nont hélas pas encore été élucidées, restant ainsi impunies.
Et pourtant dans une déclaration en date du 25 août 2022, nous écrivions ceci : « Nous rappelons à juste titre, le dossier Norbert Zongo et ses compagnons dinfortunes assassinés et calcinés à Sapouy, qui est toujours en souffrance au niveau de la justice.
Plus rĂ©cemment les attaques ou menaces contre les domiciles des journalistes Ladji Yacouba Bama, de Sery Baoula, de Siriki DramĂ©, par ailleurs SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du SYNATIC, de Lionel Bilgo, Ă  l’Ă©poque chroniqueur acerbe sur la gouvernance politique et sĂ©curitaire, de Bassolma BaziĂ©, Ă  lĂ©poque SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la ConfĂ©dĂ©ration gĂ©nĂ©rale du travail du Burkina (CGT-B), et de Dr Daouda Diallo, SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Collectif contre limpunitĂ© et la stigmatisation des communautĂ©s (CISC), etc., toutes ces violations et bien dautres restent Ă  ce jour impunies et cela sonne comme un blanc-seing donnĂ© Ă  tous les aventuriers animĂ©s par une haine viscĂ©rale contre les journalistes, les syndicalistes et les activistes des droits de lHomme ». HĂ©las !
Nous rappelons Ă  toute fin utile aux exĂ©cutants des menaces et autres basses besognes, Ă  leurs commanditaires et complices, que le peuple burkinabĂš sait ĂȘtre patient, mais na Ă  aucun moment acceptĂ© linjustice et limpunitĂ©. TĂŽt ou tard, chacun devra rendre compte de ses actes. Les procĂšs rĂ©cents du coup dEtat de septembre 2015, de laffaire Dabo Boukari et du dossier Thomas Sankara, sont des preuves de la tĂ©nacitĂ© du peuple burkinabĂš et de son aversion pour les injustices, les brimades inutiles et limpunitĂ©.
Les Organisations professionnelles des médias signataires de la présente déclaration :
considĂšrent que ces menaces contre Inoussa OuĂ©draogo valent pour elles-mĂȘmes, puisque M. OuĂ©draogo na Ă©tĂ© que leur porte-parole ;
rappellent à lopinion nationale et internationale que le cas Norbert Zongo, encore pendant devant la justice, avait aussi commencé par des faits de ce genre ;
apportent leur soutien sans faille et toute leur solidarité aux confrÚres Inoussa Ouédraogo, Ismaël Ouédraogo et à leurs familles ;
condamnent avec force les menaces, pressions et intimidations dont ils sont lobjet ;
tiennent les autorités de la Transition pour responsables des cas répétés de violation de la liberté dexpression et de la presse, surtout que les auteurs se présentent comme des inconditionnels du Président de la Transition ;
mettent en garde les princes du moment et leurs ouailles contre toute atteinte à lintégrité physique ou morale de nos confrÚres ;
appellent les autorités compétentes à se saisir de la question afin dassurer urgemment la sécurité des confrÚres menacés et de leurs familles ;
invitent le Procureur du Faso Ă , dune part, ouvrir diligemment une enquĂȘte pour arrĂȘter et traduire en justice, les auteurs des menaces et leurs commanditaires et dautre part, faire la lumiĂšre sur tous les autres cas de menaces et intimidations dĂ©jĂ  dĂ©noncĂ©es par nos organisations ;
encouragent tous les journalistes persécutés et lensemble des confrÚres à continuer dexercer leur métier de façon professionnelle ;
réitÚrent leur appel aux BurkinabÚ épris de paix, de justice et de liberté, aux démocrates, à dénoncer de telles forfaitures et à sopposer à la remise en cause grave des acquis démocratiques arrachés au prix dénormes sacrifices par nos devanciers.

Fait à Ouagadougou, le 29 août 2023

Pour le CNP-NZ,
Le Président
Siriki Dramé

Pour lAJB,
Le Président
Guézouma Sanogo

Pour la SEP,
Le Secrétaire Général
Abdoulaye Tao

Pour le SYNATIC,
Le Secrétaire Général Adjoint
Aboubakar Sanfo

Pour Reporters du Faso,
Le Président
Moumouni Simporé

Pour lAEPJLN,
Le Coordinateur
Evariste Zongo

Pour lAEPML,
Le Président et PD / Le Secrétaire Général
Amidou Kabré

Pour lAPAC,
La Présidente de la transition
Bénédicte Sawadogo

Pour lAMC
André EugÚne Ilboudo

Pour l’UBESTV,
Le Président
Ismaël Ouédraogo

Pour lUNALFA,
Le Président
Lamoussa Jean-Baptiste Sawadogo

Pour lOBM,
Le Président
Hamado Ouangraoua

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