🔴 Procès Newton Ahmed Barry : le parquet requière la relaxe au bénéfice du doute

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Poursuivi par la fédération des associations et Organisations de la société civile ‘’Burkina Rempart » pour diffamation et injures, Newton Ahmed Barry était à la barre du tribunal de Grande Instance Ouaga 1 ce mercredi. A l’issue de l’audience, le procureur a requis la relaxe au profit du journaliste.

« Le capitaine Ibrahim Traoré ne serait rien aujourd’hui sans le soutien de ses extrémistes islamisés, (…) djihadistes de la ville, fonctionnant comme des djihadistes de la brousse » : ce sont des propos attribués au journaliste Newton Ahmed Barry, qui les auraient prononcés sur le plateau de Radio France Culture le 30 janvier dernier. Ce sont aussi ces propos qui lui valent d’être devant les juges ce mercredi, accusé de « diffamation et injures ».

Après la diffusion de la vidéo de son intervention, l’accusé est resté dubitatif quant à l’authenticité de la pièce. Pour lui, seule l’autorité chargée de la régulation de la communication en France est en mesure de fournir une copie authentique de son interview. Et il a appelé le tribunal à ne pas se fier aux publications faites sur la plateforme YouTube.

Sur les accusations portées contre lui, l’accusé se défend. Il assure n’avoir pas qualifié ceux qui soutiennent le Capitaine Ibrahim Traoré de « djihadistes ». Mais « si on devait caractériser les soutiens du Capitaine Ibrahim Traoré, voilà les traits de caractère auxquels on pourrait se référer », a expliqué Newton Ahmed Barry. L’accusé a également affirmer qu’il ne faut pas se contenter d’une partie de ses propos pour émettre des jugements.

Quand à l’organisation qui l’accuse, Newton Ahmed Barry dit ne pas connaître l’existence de Burkina Rempart. D’ailleurs, son interview a été enregistrée deux jours avant la manifestation du collectif, soit le 26 Janvier dernier, assure le journaliste, qui a fourni un document au tribunal où sont mentionnées la date et l’heure d’enregistrement de l’émission.

Appelé à la barre, le président du collectif Burkina Rempart, a été invité à prouver en quoi leur structure est visée par les propos du journaliste. D’emblée, il confie que ses camarades et lui constituent des « soutiens indéfectibles » de la transition. Selon les conseils de la partie civile, représentant les membres du collectif, Newton Ahmed Barry a exposé les militants à toutes sortes de dangers. Ils ont plaidé pour la condamnation du journaliste, et demandé la publication de la décision finale dans deux journaux, en vue de permettre aux victimes présumées de recouvrer leur « dignité bafouée ». Ils ont aussi demandé 1 franc symbolique et le paiement des frais exposés non compris dans les dépens, estimés, selon eux, à 5 millions de francs CFA.

Pour Me Batibié Bénao et ses confrères de la défense, ce procès est un « match-retour ». Pour eux , c’est parce que leur client a contribué à faire condamner un certain Mohamed Sinon, reconnu coupable de menaces de morts contre des leaders d’opinion, qu’on cherche vaille que vaille à le condamner. Mais il manque d’éléments légaux, matériels et même intentionnels, qui puissent inculper le prévenu, affirment les avocats. Ils ont donc plaidé que leur client soit relaxé.

La même réquisition a été faite par le ministère public, qui considère qu’il n’existe pas de preuves suffisantes qui puissent établir un rattachement entre les déclarations du journaliste et la fédération des associations Burkina Rempart. Par conséquent Newton Ahmed Barry devrait être relaxé au bénéfice du doute pour tous les faits qui lui sont reprochés, a requis le procureur.

Avant de quitter la barre, l’accusé a dénoncé un « procès politique qui vise à empêcher l’expression de la pensée contraire ». Cependant, Newton Ahmed Barry salue la démarche entreprise par la fédération d’associations Burkina Rempart. Pour lui, cela fait partie du combat qu’il a mené tout au long de sa vie : faire en sorte que les différends entre fils et filles d’une même nation se règlent devant les juridictions compétentes. Il sera situé sur son sort le 24 mai prochain.

Ibrahim Niaoné – Abdoul Fhatave Tiemtoré / Oméga médias
Avec Minute.bf

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