🔴 Liberté de la presse : Le Burkina régresse de 17 places au classement RSF

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Le Burkina Faso occupe désormais la 58e place dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par l’ONG Reporters sans frontières (RSF), à l’occasion de la journée internationale de la liberté de la presse célébrée ce 3 mai. Le pays était classé 41e en 2022, 37e en 2021.

 

« Alors que le Burkina Faso était considéré jusqu’à récemment comme l’une des réussites du continent africain pour la liberté de la presse, la montée de l’insécurité et l’instabilité politique, liée aux deux coups d’État survenus en janvier et en septembre 2022, ont considérablement dégradé la sécurité et l’accès à l’information des journalistes », décrit Reporters sans frontières.

 

Selon le rapport, le Burkina dispose d’un paysage médiatique « dynamique, professionnel et pluraliste », contraint cependant à l’autocensure et aux pressions, du fait de la « dégradation du contexte politique et sécuritaire ».

 

RSF estime que « les intimidations envers les journalistes se sont multipliées ». « La junte au pouvoir n’hésite pas à refaçonner le paysage médiatique en suspendant des médias et en expulsant des journalistes, comme les correspondantes du Monde et de Libération en avril 2023 », indique également le rapport.

 

Au plan mondial, cette 21e édition du Classement mondial de la liberté de la presse révèle des « évolutions majeures » et parfois « radicales », liées à une « instabilité politique, sociale et technologique » dans 180 pays.

 

Le rapport décrit de mauvaises conditions d’exercice du journalisme dans 7 pays sur 10, satisfaisantes dans seulement 3 pays sur 10. La situation est jugée « très grave » dans 31 pays, « difficile » dans 42 et « problématique » dans 55 autres.  Elle est « bonne » ou « plutôt bonne » dans 52 pays, mentionne le rapport.

 

En Afrique, on enregistre quelques « hausses notables », selon Reporters sans frontières, qui cite notamment le cas du Botswana (65e) qui gagne 30 places. Mais l’exercice du journalisme est globalement devenu plus « difficile » sur le continent, où la situation est désormais qualifiée de « difficile » dans près de 40 % des pays, contre 33 % en 2022.

 

 

Charles Dah – Abdoul Fhatave Tiemtoré / Oméga Médias

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