🔮 ALERTE – Karma: Le Balai Citoyen s’indigne du silence du PrĂ©sident de la Transition, (DĂ©claration)

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Le Balai citoyen a dit, vendredi, s’indigner particuliĂšrement du silence inexplicable du PrĂ©sident de la Transition et de son gouvernement sur les tueries de Karma, prĂšs de Ouahigouya dans le Nord. Selon le mouvement de la sociĂ©tĂ© civile, au-delĂ  du drame, ces tueries « jettent de sĂ©rieuses suspicions et un discrĂ©dit sur nos forces de dĂ©fense et de sĂ©curité ».

Le Balai Citoyen s’est aussi indignĂ© du communiquĂ© produit par le gouvernement sur ce massacre. « LĂ  oĂč on s’attend Ă  ce que le gouvernement avec autoritĂ© et responsabilitĂ© situe le BurkinabĂš sur le bilan de cette attaque, le gouvernement a choisi, sans plus de prĂ©cisions, des termes qui minimise le bilan tout en restant dans le flou », affirme l’organisation et de poursuivre que ce communiquĂ© est « honteusement en deçà de ce qu’on peut attendre d’un gouvernement Ă  l’occasion d’un pareil drame ».

Lire l’intĂ©gralitĂ© de la dĂ©claration👇

KARMA NE DOIT PAS RESTER UN CAS DE PLUS D’IMPUNITE ET DE DENI DE JUSTICE AU BURKINA FASO

Le 20 avril 2023, le village de Karma, dans le dĂ©partement de Barga, province du Yatenga, a fait l’objet d’une violente agression meurtriĂšre. Selon des sources concordantes, des hommes armĂ©s vĂȘtus de l’uniforme de l’ArmĂ©e burkinabĂš ont attaquĂ© le village et causĂ© la mort de plusieurs personnes. Selon diverses sources et aux premiĂšres heures de ce massacre, le nombre de victimes s’estimait Ă  au moins 130 personnes.

Le dimanche 23 avril, le procureur du Faso, prĂšs le tribunal de grande instance de Ouahigouya, dans un communiquĂ© faisait Ă©tat de ce qu’« une soixantaine de personnes auraient Ă©tĂ© tuĂ©es par des personnes arborant des tenues de nos forces armĂ©es nationales ». Le procureur du Faso dit avoir Ă©tĂ© mis au courant par le commandant de la brigade de recherche de gendarmerie de Ouahigouya. Le procureur informait par ailleurs l’opinion qu’il a donnĂ© des instructions pour enquĂȘter et interpeller toutes les personnes qui sont impliquĂ©es dans « ces faits dont la gravitĂ© est avĂ©rĂ©e » prĂ©cise-t-il.

Une semaine aprĂšs les faits, le Balai citoyen constate avec grand regret et une profonde tristesse que le drame de Karma reste une affaire Ă©nigmatique.

Le communiquĂ© du procureur qui d’ailleurs ne comporte ni cachet, ni signature, ni rĂ©fĂ©rences, ne se substitue pas Ă  la responsabilitĂ© de l’ExĂ©cutif qui emporte la plus grande responsabilitĂ© morale. Pareil drame national, indĂ©pendamment de l’action judiciaire qui incombe naturellement aux autoritĂ©s de la chaine pĂ©nale, doit mettre en avant l’ExĂ©cutif qui doit rĂ©pondre de sa responsabilitĂ© morale et rĂ©galienne de protĂ©ger les populations et de faire rĂ©gner le droit et la justice en toutes circonstances.

Depuis ce jeudi noir du 21 avril, les BurkinabĂš sont sous le choc et ploient sous le poids de questionnements par rapport Ă  ces Ă©vĂšnements d’une gravitĂ© presque sans prĂ©cĂ©dent et en rĂ©ponse Ă  l’indignation gĂ©nĂ©ralisĂ©e, le gouvernement a opposĂ© l’évitement et un silence mĂ©tallique.

Le communiquĂ© du gouvernement arrivĂ© finalement sur le tard ce 27 avril est encore plus rĂ©voltant. Les termes de ce communiquĂ© sont tout simplement scandaleux. Le communiquĂ© nous apprend que « le gouvernement est particuliĂšrement prĂ©occupĂ© par des informations faisant Ă©tat de tueries le 21 avril 2023  ». Par cette phrase, le gouvernement laisse entendre qu’il n’est pas sĂ»r de l’effectivitĂ© des tueries. Le Gouvernement n’aurait donc pas ses propres sources pour ĂȘtre affirmatif sur les Ă©vĂšnements de Karma, en dĂ©pit du communiquĂ© du procureur sur la base du rapport du commandant de la gendarmerie.

IncrĂ©dule, le gouvernement persiste en parlant des morts au conditionnel : « Ces hommes auraient ainsi massacrĂ© et pillĂ© les biens de paisibles habitants du village de Karma et blessĂ© plusieurs autres pris en charge dans des formations sanitaires ». Quel sens et quel intĂ©rĂȘt le gouvernement donne-t-il Ă  l’emploi du conditionnel en parlant des morts et des blessĂ©s ? Quid du nombre de victimes ? Alors que le procureur avait avancĂ© une soixantaine de morts et que les ressortissants et la presse parle d’au moins 130 morts, le gouvernement n’a pas trouvĂ© mieux Ă  dire que de parler de « dizaines de personnes ». LĂ  oĂč on s’attend Ă  ce que le gouvernement avec autoritĂ© et responsabilitĂ© situe le BurkinabĂš sur le bilan de cette attaque, le gouvernement a choisi, sans plus de prĂ©cisions, des termes qui minimise le bilan tout en restant dans le flou.

Ce communiquĂ© est honteusement en deçà de ce qu’on peut attendre d’un gouvernement Ă  l’occasion d’un pareil drame.

Pendant ce temps, et fort heureusement donc, les tĂ©moignages ne cessent de s’accumuler dans le sens d’éclairer l’opinion sur les circonstances et les prĂ©sumĂ©s auteurs de ces actes criminels. Ces tĂ©moignages Ă©manent de ressortissants de la localitĂ©, des victimes rescapĂ©es et parents de victimes, lesquels tĂ©moignages sont faits Ă  visages dĂ©couverts. Des ressortissants et des rescapĂ©s ont rendu des tĂ©moignages Ă©crits et assumĂ©s, en affichant leur identitĂ© complĂšte (noms, prĂ©noms et contacts tĂ©lĂ©phoniques) pour faire preuve de leur bonne foi. En voici un extrait d’une dĂ©claration de rescapĂ©s et ressortissants du village : « Dans la matinĂ©e du jeudi 20 avril 2023, prĂ©cisĂ©ment autour de 7h30mns, notre village a Ă©tĂ© encerclĂ© par des hommes armĂ©s venus en grand nombre et habillĂ©s en tenues militaires burkinabĂš. Ils Ă©taient sur des motos, dans des vĂ©hicules (pik up et blindĂ©s) et on pouvait Ă©galement apercevoir un char de combat. Certains villageois, heureux de voir « nos soldats », sont sortis de leurs concessions pour les accueillir. Malheureusement cette joie sera Ă©courtĂ©e lorsque les premiers coups de feu retentirent, occasionnant Ă©galement les premiĂšres victimes ». Toujours selon la mĂȘme dĂ©claration qui n’a pas reçu de dĂ©menti ni d’autres ressortissants ni d’une autoritĂ©, les assaillants reprochent Ă  ces populations le fait que « tous les villages voisins aient dĂ©guerpis » pendant qu’eux « sont toujours installĂ©s ».

Le village de Karma serait « un passoir pour les groupes armés » selon « ces soldats ».

Que dire d’autres aprĂšs ces mots que de s’en remettre aux autoritĂ©s nationales pour faire toute la lumiĂšre sur ce drame. C’est tout le sens de la prĂ©sente interpellation de notre mouvement.

Tout en prĂ©sentant nos sincĂšres condolĂ©ances et profonde compassion au village de Karma et Ă  toutes les victimes et parents de victimes, le Balai citoyen s’indigne particuliĂšrement du silence inexplicable du PrĂ©sident de la Transition et de son gouvernement sur ces Ă©vĂšnements de Karma qui, au-delĂ  du drame, jettent de sĂ©rieuses suspicions et un discrĂ©dit sur nos forces de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ©.

Au nom de l’intĂ©rĂȘt de nos forces de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ© et dans l’intĂ©rĂȘt supĂ©rieur de la Nation, le Balai citoyen lance un appel au procureur du Faso, au Capitaine Ibrahim TraorĂ©, PrĂ©sident de la Transition, Chef de l’Etat, Chef suprĂȘme des armĂ©es, Ă  tout mettre en Ɠuvre, chacun en ce qui le concerne, pour faire la lumiĂšre avec la plus grande diligence sur la tragĂ©die de Karma et rendre justice aux BurkinabĂš victimes de ce massacre.

La victoire sur le terrorisme passe par la justice. Depuis huit ans, l’injustice ou simplement le sentiment d’injustice a Ă©tĂ© le terreau qui a fertilisĂ© le terrorisme. Le changement de cape voulu par la Transition du MPSR sous l’égide du Capitaine Ibrahim TraorĂ©, s’il doit nous conduire vers la victoire sur le terrorisme, doit absolument prendre en compte la dimension justice. Le cas Karma est une Ă©preuve, un test et un dĂ©fi lancĂ© Ă  la Transition et Ă  ses premiers dirigeants.

Le Balai citoyen lance un appel aux organisations de la sociĂ©tĂ© civile, en particulier celles de dĂ©fense des droits de l’Homme, aux mĂ©dias et aux journalistes, aux institutions rĂ©publicaines Ă  se mobiliser, Ă  exiger et Ă  veiller Ă  ce que Karma ne reste pas un cas de plus d’impunitĂ© et de dĂ©ni de justice dans notre pays trĂšs Ă©prouvĂ© par les affres du terrorisme.

Au moment oĂč nous nous apprĂȘtions Ă  rendre publique cette dĂ©claration, nous apprenons l’attaque terroriste contre nos Forces armĂ©es dans le dĂ©tachement de Ougarou, rĂ©gion de l’Est. Selon le communiquĂ© de l’Etat major gĂ©nĂ©ral des armĂ©es, cette attaque a coĂ»tĂ© la vie Ă  33 de nos soldats. Le Balai citoyen trĂšs affligĂ© par ce nouveau drame prĂ©sente ses condolĂ©ances aux familles des victimes, aux forces armĂ©es nationales et Ă  la Nation entiĂšre. Le Balai citoyen rĂ©itĂšre ses encouragements et sa solidaritĂ© avec nos Forces combattantes, Forces armĂ©es, forces de sĂ©curitĂ© et volontaires pour la dĂ©fense de la Patrie, tous engagĂ©s pour la dĂ©fense de la Patrie ».

 

Notre nombre est notre force !

Ensemble, on n’est jamais seul !

Pour le Balai Citoyen, la Coordination Nationale.

 

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