🔮 ALERTE – Karma : 147 morts au total, (dĂ©compte CISC)

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Selon un dĂ©compte provisoire fait sur le terrain par le CISC, on enregistre 147 morts au total dans la tuerie du 20 avril Ă  Karma et villages environnants., province du Yatenga (Nord), une quinzaine de kilomĂštres de Ouahigouya – a annoncĂ©, ce jeudi le Collectif contre l’ImpunitĂ© et la Stigmatisation des CommunautĂ©s (CISC).

Selon le collectif, ses Ă©quipes ont documentĂ© et enregistrĂ© 136 corps sans vie Ă  Karma dont 50 femmes et 21 enfants parmi lesquels ils ont pu constater des bĂ©bĂ©s de moins de 30 jours tuĂ©s sur le dos de leurs mĂšres. Des personnes ressources comme l’imam, le muezin et le conseiller villageois de dĂ©velopement (CVD) qui Ă©taient tous en carĂȘme ont Ă©tĂ© tuĂ©es, rĂ©vĂšle le CISC. « Dans les autres villages, au moins 6 personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es Ă  Dinguiri, 2 personnes Ă  MĂ©nĂš ainsi que 3 autres sur la route Ouahigouya-Barga. Une dizaine de civils blessĂ©s ont Ă©tĂ© transferĂ©s au Centre Hospitalier Universitaire de Ouahigouya », peut-on lire dans la dĂ©claration.

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DECLARATION DU CISC SUR LE MASSACRE DE KARMA ET VILLAGES VOISINS DANS LE NORD DU BURKINA

C’est avec tristesse et indignation que le Collectif contre l’ImpunitĂ© et la Stigmatisation des CommunautĂ©s (CISC) a Ă©tĂ© saisi des cas d’exĂ©cutions sommaires de civils, le jeudi 20 avril 2023, dans les villages de Karma, Dinguiri, Ramdolah, Kerga, MĂ©nĂš… dans la commune de Barga, rĂ©gion du Nord. Ces massacres sont attribuĂ©s Ă  des Hommes armĂ©s assimilĂ©s Ă  des Ă©lĂ©ments des Forces de DĂ©fense et de SĂ©curitĂ© burkinabĂš (FDS).

Le bilan provisoire, Ă©valuĂ© Ă  plus d’une centaine de victimes civiles, continue de s’alourdir au fil des recherches, selon les tĂ©moignages recueillis sur le terrain. Pour l’instant, nos Ă©quipes ont documentĂ© et enregistrĂ© 136 corps sans vie Ă  Karma dont 50 femmes et 21 enfants parmi lesquels on a pu constater des bĂ©bĂ©s de moins de 30 jours tuĂ©s sur le dos de leurs mĂšres. Des personnes ressources comme l’imam, le muezin et le conseiller villageois de dĂ©velopement (CVD) qui Ă©taient tous en carĂȘme ont Ă©tĂ© tuĂ©es.

Dans les autres villages, au moins 6 personnes ont été tuées à Dinguiri, 2 personnes à MénÚ ainsi que 3 autres sur la route Ouahigouya-Barga. Une dizaine de civils blessés ont été transferés au Centre Hospitalier Universitaire de Ouahigouya.

Selon les tĂ©moignages de cinq (5) sources directes, c’est le jeudi 20 avril 2023, vers 7h30 mn, que les villages ont commencĂ© Ă  recevoir la visite des hommes armĂ©s, arborant des tenues militaires burkinabĂš qui sont venus en grand nombre sur des motos, des pickups et des blindĂ©s. Ils ont regroupĂ© les civils par dizaines et par quartiers, en prenant soin d’affecter des hommes armĂ©s Ă  chaque regroupement, avec pour mot d’ordre: « Tuez tout le monde ». Les assaillants s’exprimaient en plusieurs langues, notamment en francais, en moorĂ©, en dioula et en lobiri.

Les gens arrivent Ă  rĂ©connaitre facilement les langues grace Ă  leurs dĂ©placements Ă  l’intĂ©rieur du pays et aux activitĂ©s d’orpaillage. Parmi eux, un s’est illustrĂ© par son carractĂšre cruel, car il menaçait les hommes chargĂ©s des exĂ©cutions Ă  accĂšlerer les tueries. Ces derniers s’exĂ©cutĂšrent, en tuant toute personne rencontrĂ©e sur leur chĂ©min: femmes, personnes du troisĂšme Ăąge et enfants. Il convient de souligner que dix-neuf (19) personnes, placĂ©es sous la garde d’un sous groupe, ont Ă©tĂ© Ă©pargnĂ©s, car ces hommes armĂ©s ont dĂ©sistĂ© par la suite. SubsĂ©quemment Ă  ce carnage, les habitants des villages (20) de la commune de Barga et des localitĂ©s voisines ont abandonnĂ© leurs terres pour se refugier Ă  Ouahigouya.

Ces massacres surviennent Ă  la suite d’une attaque terroriste, le 15 avril 2023, ayant occasionnĂ© la mort de 6 soldats et d’au moins 34 auxiliaires de l’armĂ©e, dans un village situĂ© Ă  mi chemin entre Ouahigouya et Barga. Des tĂ©moignages de survivants indiquent que les assaillants accusaient les habitants du village d’abriter des membres de groupes terroristes.

Le CISC note avec amertume que ce massacre n’est pas isolĂ©. Il condamne avec force et vĂ©hĂ©mence ce dernier massacre qui fait suite Ă  d’autres cas dĂ©jĂ  perpetrĂ©s ces derniers mois. Il s’agit entre autres:

– 8 mars 2023 Ă  Rollo (Centre Nord): 21 personnes tuĂ©es au cours d’une opĂ©ration conduite par des Hommes armĂ©s assimilĂ©s Ă  des FDS et des VDP

– 2 fĂ©vrier 2023 Ă  Sakoani, PiĂ©ga, Kankangou… (Est): 30 personnes assassinĂ©es par un convoi militaire qui escorte la mine de Boungou :

– 8 aout 2023 Ă  Tougouri (Centre-Nord): au moins 50 personnes assassinĂ©es lors d’une opĂ©ration militaire:

– 30 et 31 dĂ©cembre 2022 Ă  Nouna (Boucle de Mouhoun): plus de 28 personnes tuĂ©es par des dozos enrolĂ©s VDP:

Depuis janvier 2019, l’Etat major gĂ©nĂ©ral des armĂ©es et tous les gouvernements successsifs ont toujours promis des enquĂȘtes judiciaires pour situer les responsabilitĂ©s. Mais force est de constater que les parquets civils et miliatires n’ont jamais fait le point des enquĂȘtes judiciaires.

Il apparait que l’impunitĂ© ouvre la voie Ă  toutes les dĂ©rives possibles, pouvant aller de rĂšglements de comptes Ă  des massacres Ă  grande Ă©chelle. Avec ce comportement, les forces de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ© inspirent la peur et la mĂ©fiance aux populations, faisant le lit aux groupes terroristes qui se prĂ©sentent dans certaines localitĂ©s comme leurs dĂ©fenseurs et leurs protecteurs.

Il est grand temps que les plus hautes autoritĂ©s revoient en urgence la politique de lutte contre le terrorisme qui conduit Ă  une banalisation de la vie humaine. Il appartient surtout au PrĂ©sident de la Transition, Chef suprĂȘme des forces armĂ©es, de se dĂ©marquer, de montrer sa posture d’Homme d’Etat, soucieux du droit Ă  la vie, qui protĂšge tous ses concitoyens.

Partant de lĂ , le CISC:

■ PrĂ©sente ses condolĂ©ances aux familles endeuillĂ©es et souhaite prompt rĂ©tablissement aux blessĂ©s.

■ Salue les autoritĂ©s pour leur implication pour l’enterrement des victimes en ce jour 27 avril 2023.

■ Encourage les Ă©lĂ©ments des forces de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ© (FDS) qui se battent nuit et jour pour garantir la securitĂ© aux citoyens tout en respactant les codes de la rĂ©publique.

Aussi, il exige:

– Une enquĂȘte judiciaire complĂšte et impartiale sur ces crimes horribles de civils, afin de traduire tous les responsables et les commanditaires devant la justice nationale et internationale;

– le respect des accords internationaux en matiĂšre des droits humains, ratifiĂ©s par le Burkina Faso

Enfin, il invite:

– Tous les BurkinabĂš Ă  s’insurger contre ces crimes qui nuisent Ă  l’intĂ©rĂȘt de notre Nation et Ă  soutenir les populations de Karma et des villages voisins

– Tous les amis et partenaires du Burkina Ă  mettre tout en Ɠuvre pour que ces crimes de masse ne se rĂ©produisent plus.

Pour le Bureau Exécutif National;

Dr Daouda DIALLO

Lauréat du Prix Martin Ennals

(Prix Nobel des DDH)

Chevalier de l’Ordre de l’Etalon

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