Décès Hamed Bakayoko : « il était ami de tout le monde » (Vincent Toh Bi Irié, ancien préfet d’Abidjan)

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« Il était gentil », « il était généreux », « il était ami de tout le monde », « il avait le sens du compromis », etc.

Tout le monde parle des qualités morales d’Hamed Bakayoko, au-delà de ses défauts. Mais personne ne s’attarde sur la relation entre Hamed Bakayoko et le travail.

Derrière les portes fermées du bureau, dans la production intellectuelle et administrative, qui était Hamed Bakayoko ?

« Voici ton bureau, assieds-toi. Tu commences le travail aujourd’hui ». C’est par ces mots que notre collaboration a débuté.

C’était le 04 Juin 2014. J’étais arrivé de Johannesburg la veille à 20h. Il m’avait fait mettre un terme à ma carrière internationale débutée depuis 2002, pour travailler avec lui.

Avec le stress et la pression vécus toutes ces années d’expatriation, je ne voulais plus d’un poste prenant. Je voulais juste contribuer à son travail, mais à distance. Je m’étais trompé de porte… pour toujours.

Dans la réalité, il existait dans le même corps deux Hamed Bakayoko. Il y avait l’effervescent, le bouillant, le truculent people Hamed Bakayoko que tout le monde connaît. Et il y avait l’autre Hamed Bakayoko que beaucoup de personnes y compris des proches ne connaissaient pas du tout. C’est un Hamed minutieux et méticuleux dans le travail, qui pouvait rester au bureau jusqu’à 03h du matin, stresseur devant l’Eternel, adepte du résultat immédiat, ultra et extra pragmatique, coléreux et volcanique.

Lorsque j’ai pris mes distances de la vie publique, il n’a pas apprécié. Hamed savait ma liberté de pensée et mon indépendance d’esprit. C’est peut-être pour cette raison que notre relation intellectuelle et affective était solide, dans le respect de nos lignes respectives. Mais une cohorte de ragoteurs et de colporteurs se sont mêlés de notre dernière divergence comme il fallait s’y attendre. Ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’après plusieurs mois de brouille, le grand frère et le petit frère se sont parlé, se sont compris, ont communiqué par différents canaux même quand il était à l’hôpital outre-mer.

Je rendrai hommage par des textes tous les jours à Hamed Bakayoko jusqu’à ce qu’il soit porté en terre le 19 Mars prochain. Je vous raconterai sa vie dans le travail avec des anecdotes vraies, car pour lui un Directeur de Cabinet (comme je l’étais), n’est pas un collaborateur mais un frère avec qui l’on travaille.

À demain matin donc pour le premier de la série de témoignages, en guise de recueillement pour l’arrivée de la dépouille mortelle sur sa terre Patrie.

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