🔮 ProcĂšs charbon fin : Expertise judiciaire et lecture technique, le Tribunal « assume »

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Le procĂšs de l’affaire dite « charbon fin » s’est poursuivi ce mardi au Tribunal de grande instance de Ouaga 1, avec la poursuite du dĂ©bat autour du rapport d’expertise judiciaire. L' »assistant technique » du Procureur, ArsĂšne Yonli, qui avait contredit certaines conclusions de l’expertise judiciaire la veille, a Ă©tĂ© plus formel ce mardi.

« Ce rapport judiciaire n’est pas sincĂšre« , a dĂ©clarĂ© le Professeur en gĂ©nie chimique et environnemental, ArsĂšne Yonli, agissant selon le parquet en tant qu’« assistant technique ».

Selon lui, le rapport judiciaire établi à travers les deux analyses de deux laboratoires différents comporte des « discordances« .

« Manifestement, les experts judiciaires n’avaient aucun moyen technique de rĂ©aliser des analyses », et « il aurait fallu une troisiĂšme analyse » pour rĂ©soudre la discordance des rĂ©sultats.

Cette position « n’engage » que le Professeur Yonli, selon le co-auteur du rapport, JoĂ«l Ilboudo, ingĂ©nieur mĂ©tallurgiste. Avec Moussa Goumina, Docteur en sciences physiques et chercheur en sciences des matĂ©riaux, ils ont prĂ©sentĂ© les rĂ©sultats de leurs rapports Ă  la cour.

Ces experts nommĂ©s par le Tribunal disent avoir relevĂ© Ă  travers leurs travaux une teneur en or de 765 grammes par tonne, contre une teneur qui devrait ĂȘtre normalement de 63 grammes par tonne.

Pour obtenir ce résultat, Joël Ilboudo dit avoir utilisé, avec Moussa Goumina, « une méthode qui est appliquée dans toutes les mines au Burkina et partout ailleurs », avec des résultats de « laboratoires certifiés dans le domaine minier ».

Selon lui, l’analyse du Professeur Yonli est basĂ©e sur des « mĂ©thodes qui ne sont pas reprĂ©sentatives ».

Mais, « est-ce que le Tribunal tient compte de ce que dit le Professeur Yonli, ou passe outre ? », puisqu’il n’a pas la qualitĂ© d’expert dans ce procĂšs, relĂšve le conseil e Essakane, Me Pierre Yanogo.

D’autant plus qu’ArsĂšne Yonli a, la veille, fait une prĂ©sentation d’au moins « 1h 20 mn » sans que la dĂ©fense n’ait eu accĂšs au prĂ©alable aux Ă©lĂ©ments de cette prĂ©sentation, conformĂ©ment aux rĂšgles d’un procĂšs, dĂ©plore l’avocat de Essakane.

Le PrĂ©sident du Tribunal a donc rappelĂ© que « mĂȘme l’expertise produite n’est qu’une source d’information pour le Tribunal, tout comme le tĂ©moignage du professeur Yonli ». Le Tribunal « va s’assumer » avait martelĂ© le PrĂ©sident avant la prĂ©sentation du rapport d’expertise judiciaire.

Les dĂ©bats ont Ă©tĂ© suspendus dans l’aprĂšs-midi pour ĂȘtre poursuivis mercredi. Il s’agira notamment question du procĂ©dĂ© de traitement du charbon fin par la sociĂ©tĂ© IAMGOLD Essakane, avec le dĂ©calage entre la teneur en or de la saisine et la norme de 63 grammes par tonne. Le statut du Professeur ArsĂšne Yonli devrait Ă©galement ĂȘtre Ă©voquĂ© mercredi, selon Me Prosper Farama de la partie civile, qui souhaite donner son apprĂ©ciation de la participation du Professeur.

 

Yaya Diomandé / Oméga Médias

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