🔮 Drame de Nouna : le porte-parole des parents des victimes rĂ©clame vĂ©ritĂ© et justice

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« Il faut qu’il ait justice pour tous les BurkinabĂš sans distinction », c’est le cri de cƓur du porte-parole des parents des victimes du drame de Nouna. Hamidou SidibĂ©, qui Ă©tait face Ă  la presse mercredi Ă  Bobo-Dioulasso, appelle la justice Ă  jouer sa partition et espĂšre que le dossier, liĂ© aux Ă©vĂšnements des 29 et 30 dĂ©cembre 2022 Ă  Nouna et qui a coĂ»tĂ© la vie Ă  28 personnes, ne connaĂźtra pas le mĂȘme sort que celui de Yirgou.

« En rĂ©alitĂ© nous en avons dĂ©duit et nous avons toute raison de dire que c’est une opĂ©ration orchestrĂ©e. C’est comme dans le quartier dans lequel nous sommes, si des gens viennent et ne choisissent que les cours bĂŽbĂŽ pour faire du mĂ©fait, je me dis que soit c’est organisĂ©, orchestrĂ© ou encore un ordre sinon il n’y a pas de raison, il y a une cour bĂŽbĂŽ, une cour yarga et peul, si on rentre juste chez les bĂŽbĂŽ ça veut dire que ordre a Ă©tĂ© donnĂ© et c’est ce qui s’est passĂ© Ă  Nouna.

 

La disposition des gens Ă  Nouna n’est pas diffĂ©rente de celle de Bobo. Il y a des cours Samo, Yadga, Mossi, Peule et si des gens se lĂšvent armĂ©s et qu’ils ne rentrent seulement que dans les cours des Peuls, qu’est-ce que vous voulez en dĂ©duire ?

 

Alors d’une certaine façon, soit c’est un ordre ou c’est une organisation. Et nous concluons alors que c’est un ordre qui a Ă©tĂ© donnĂ© Ă  des individus pour rentrer dans les cours des peules pour faire ce qu’il faut faire.

 

Selon les informations que nous avons reçues, du jour que cette crise a dĂ©clenchĂ©, des groupes terroristes ont attaquĂ©, la veille dans la nuit, la ville de Nouna et ont fait ce qu’ils devraient faire et repartir.

 

Le lendemain matin, des individus sont rentrés dans bon nombre de cours peules et ils ont tiré à bout portant. Ceux qui ont fui, ils les ont rejoints  en brousse.

C’est le cas d’un imam qui a Ă©tĂ© enlevĂ© malgrĂ© la rĂ©action des autres imams et il a fallu l’intervention d’une autoritĂ© de gendarmerie Ă  Ouagadougou pour qu’on le libĂšre. S’il y a une intervention de quelqu’un pour qu’on libĂšre d’autres personnes, c’est que quelqu’un gĂšre ça. Donc nous pouvons conclure ici que ces actes ont Ă©tĂ© bel et bien orchestrĂ©s et pas un pur hasard.

 

Alors on espĂšre bien que cette crise ne soit pas gĂ©rĂ©e comme Yirgou ; parce qu’Ă  Yirgou, ce sont les mĂȘmes terroristes qui sont venus tuer un chef et l’autre communautĂ© s’est levĂ©e, tout ce qui est peul a Ă©tĂ© massacrĂ©.

Par fini, comment cela a Ă©tĂ© gĂ©rĂ© ? Le procureur a Ă©tĂ© saisi, nous- mĂȘmes, nous avons marchĂ© Ă  Bobo, d’autres ont marchĂ© Ă  Ouagadougou, Dori et un peu partout au Burkina afin de demander justice et Ă©viter ce genre d’actes. On a arrĂȘtĂ© des gens pour un bout de temps dans cette affaire et on aurait appris qu’il n’y a pas de moyens pour les juger, comment comprendre un tel raisonnement. Notre souverainetĂ© est oĂč ?

 

La justice dans un pays est fondamentale. On ne veut pas un pays sans justice et il faut qu’il y ait justice pour tous les BurkinabĂš sans distinction. Il faut qu’on se donne les moyens pour que notre justice nous dĂ©partage, c’est d’ailleurs ce qui va favoriser notre vivre ensemble, renforcer notre cohĂ©sion sociale et lĂ  nous pourront affronter ceux qui viennent nous attaquer.

 

Mais s’il y a des gens qui ne se sentent pas en sĂ©curitĂ©, ils ne se sentiront pas BurkinabĂš. Aujourd’hui il n’y a pas de village sans peul. Alors faisons en sorte que tout le monde se sente en sĂ©curitĂ©. C’est Ă  l’Etat de montrer le bon exemple Ă  tous les BurkinabĂš que lorsque tu tues on doit te juger.

 

Nous voulons que ce qui s’est passĂ© Ă  Nouna soit jugĂ©, si ceux qui ont tuĂ©s ont tort qu’on les condamne et si ceux qui ont Ă©tĂ© tuĂ©s ont tort, qu’ils soient condamnĂ©s aussi, c’est comme ça une sociĂ©tĂ© fonctionne. »

 

Propos recueillis par

Paul Soma/Oméga médias

Bobo-Dioulasso

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