🔮 [DIGNE D’INTÉRÊT] – Newton au PrĂ©sident IB: « C’est Ă  vous de vous assumer »

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A la suite de la rencontre entre le PrĂ©sident de la Transition Ibrahim TraorĂ© et les acteurs politiques, le journaliste Newton Ahmed Barry et ancien PrĂ©sident de la Commission Ă©lectorale nationale indĂ©pendante (CENI), a demandĂ© au Capitaine IB de s’assumer que de se contenter simplement d’exposer la situation sĂ©curitaire aussi critique et dire Ă  chacun d’en tirer les conclusions. « C’est Ă  vous PrĂ©sident TraorĂ© de vous assumer », a Ă©crit Newton Ahmed Barry. Nous nous proposons l’intĂ©gralitĂ© de laTribune du journaliste👇

A la bonne heure !

Le drame de voir les choses avant le commun des mortels.

Le rĂ©cit de la situation nationale a semble-t-il Ă©mu jusqu’au larmes certains grands acteurs du pays. Tant mieux!

Pourtant depuis 2017, rĂ©guliĂšrement nous avions prĂ©venu : « si nous refusons de mourir debout Ă  Djibo et dans le Soum, nous allons mourir comme des poulets Ă  Ouagadougou et Ă  Bobo
 ». On ne nous a pas Ă©coutĂ©.

Aujourd’hui le prĂ©sident Ă©voque ouvertement l’éventualitĂ© de perdre Ouaga et Bobo. Le gros du peuple est Ă©tonnĂ©, mais depuis plus d’un semestre maintenant, les groupes djihadistes le disent sur leurs sites d’information et le rĂ©pĂštent dans leur prĂȘche autour de Ouahigouya, Ă  Djibo et autour de Fada. Quand en avril dernier j’avais osĂ© prĂ©venir des propos diffusĂ©s par les terroristes « nous allons fĂȘter Ramadan Ă  Ouahigouya et la Tabaski Ă  Ouagadougou », beaucoup, tout Ă  leur « Damibalotrie » s’étaient acharnĂ©s sur mon « doigt » au lieu de regarder la lune que je leur montrais. Une fois de plus la fumisterie de ceux qui croient aimer le pays plus que d’autres. Ils sont nombreux et se dĂ©portent comme des oiseaux mange-mil de tenants du pouvoir en tenants du pouvoir. Ce sont pour l’essentiel les mĂȘmes.

Aujourd’hui cette Ă©ventualitĂ© est clairement Ă©voquĂ© par le prĂ©sident de la transition. J’ai vu certains hommes politiques, la mine dĂ©confite Ă©couter le prĂ©sident TraorĂ©. Ces gens ne pensent pas aux pays. C’est inutile d’aligner les sermons peu importe le trĂ©molo dans la voix qui l’exprime.

Maintenant que faire ?

Le prĂ©sident dit qu’il expose et laisse chacun choisir. C’est une erreur. Devant les situations de pĂ©ril, il a appartient au leadership Ă©clairĂ©, en s’appuyant sur les ressorts de la loi, d’indiquer la voie Ă  suivre. La loi lui donnant les moyens de cette contrainte. C’est Ă  vous PrĂ©sident TraorĂ© de vous assumer.

Cependant, deux choses importantes :

– la premiĂšre des choses, elle ne fera pas plaisir et pourtant nous allons ĂȘtre tĂŽt ou tard contraint Ă  nous y rĂ©soudre: les militaires n’ont pas vocation Ă  faire la politique. Dans les conditions actuelles un militaire Ă  la tĂȘte du pays avec toute sa bonne foi, ne nous sortira pas du bourbier


– Deuxio, le constat du prĂ©sident TraorĂ© sur l’abandon des populations est vraie. Cependant, la crainte c’est qu’on ne voit pas, mĂȘme avec les premiers (bientĂŽt) 60 jours du MPSR 2, une amorce de changement. PrĂ©sident TraorĂ© la faillite des prĂ©dĂ©cesseurs n’est pas une excuse absolutoire Ă  votre Ă©chec. Elle peut justifier et rendre acceptable la raison de votre prise du pouvoir. Mais elle ne vous absout pas. Au contraire, elle accroĂźt encore plus votre responsabilitĂ©. C’est le dicton Dioula « mogo ma mogo welĂ© ».

J’ai lu, les premiĂšres sorties du porte-parole du gouvernement sur la situation de HoldĂš ( Soum). Je me rĂ©jouis de la prĂ©sence des prĂ©vĂŽts dans les unitĂ©s combattantes. C’est une idĂ©e que nous avons proposĂ© depuis 2017. Mais elle ne semblait intĂ©resser ni les politiques ni l’Etat major de l’armĂ©e. Or pour gagner une guerre, contrairement Ă  la thĂ©orie de l’armĂ©e coloniale, on ne doit pas ĂȘtre plus cruel que l’ennemi. Il faut ĂȘtre plus vertueux que l’ennemi. C’est la vertu de l’armĂ©e qui lui attire la sympathie et l’osmose de la population. Dans une guerre, c’est connu, la partie qui gagne la population gagne forcĂ©ment la guerre.

Dans cette guerre contre le terrorisme, principalement dans les Ă©picentres du conflit, nous avons perdu les populations. Il est donc impossible, sauf si nous revoyons de fond en comble l’approche, d’espĂ©rer une victoire.

Il est possible toujours d’exterminer les populations et de parvenir à une paix des cimetiùres. Mais tout le monde sait que ce serait une victoire à la Pyrrhus. Ça veut dire que ce serait une fausse victoire.

Exhortations :

1) PrĂ©sident TraorĂ©, dire la vĂ©ritĂ© aux politiques c’est bien. Mais vous ne serez pas jugĂ© Ă  votre degrĂ© de sincĂ©ritĂ©. Mais au succĂšs que vous allez engranger sur le terrain de la lutte contre le terrorisme. Je vous souhaite de ne pas succomber au charme de la politique des chiffres. La guerre dans sa noblesse a un objectif. Pas celui d’aligner les maccabee, mais de rĂ©tablir le territoire et la dignitĂ© des habitants. Faites en sorte que d’ici vos 90 jours, aucun BurkinabĂš ne fuit en voyant un militaire. Les populations doivent se sentir en sĂ©curitĂ© en voyant nos boys. Une fois que cela est rĂ©alisĂ©, le revers de l’ennemi va commencer.

Enfin, il ne me semble pas appropriĂ© et publiquement d’exposer les dissensions au sein de l’armĂ©e. Comme chef suprĂȘme des armĂ©es vous avez tous les moyens d’y faire face.

Une derniĂšre chose, n’oubliez pas la parole. C’est elle qui fait l’homme. Si vous n’abrogez pas le dĂ©cret sur la rĂ©munĂ©ration des hautes personnalitĂ©s dans les dĂ©lais raisonnables, ça va devenir un boulet qui va empĂȘcher tout le reste. Il ne faut pas minimiser le sens de la justice sociale des BurkinabĂš. C’est le dĂ©nominateur commun de ce pays, malgrĂ© nos hypocrisies !

Allah aide, ceux qui s’aident !

NAB

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