🔮 Procès Dabo Boukary : « Pardonnez, pardonnez, je ne ferai plus », les derniĂšres paroles avant de mourir

« Pardonnez, pardonnez, je ne ferai plus », ainsi aurait supplié Boukary Dabo à ses bourreaux avant de rendre l’âme, selon le témoignage de son camarade Yves Sansan Kambou.

Enlevés le 19 mai 1990 avec Boukary Dabo et bien d’autres, l’étudiant de l’époque Yves Sansan Kambou a affirmé à la barre avoir été, avec ses camarades, torturé jusqu’à ce que mort s’en suive pour Boukary Dabo.

« Quand on se retrouvait dans notre cellule (
) Dabo Boukary a vomi du sang et du riz. Quant à Coulibaly Aboubacar, lui, avait très mal au ventre », déclare t-il.

Ses propos sont corroborées par Aboubacar Coulibaly, un autre infortuné du 19 mai 1990. Ce dernier se rappelle avoir été malmené des dizaines de jours durant.

« Après notre séquestration, le général Diendere, nous signifiait que c’est notre formation nationale populaire. Et que si parmi nous, certains seraient intéressés par l’armée, pourraient intégrer », a raconté la victime Seni Kouanda, président de l’ANEB en 1990.

 

Qui a donné l’ordre d’enlever, de séquestrer et de torturer ces étudiants de l’époque?

 

Gilbert Diendere, commandant du Centre national d’entraînement commando (CNEC) au moment des faits avait évoqué la veille, un ordre venu du cabinet de la présidence du Faso, qui a été exécuté par Gaspard Somé, qualifié par le général « d’élément incontrôlable ».

Cette assertion est appuyée par George Marie Compaoré, commandant à l’époque de la compagnie de service, rattachée au CNEC, lors de son témoignage.

Selon lui l’enlèvement et la séquestration des étudiants le 19 mai 1990, auraient été ordonné par des acteurs politiques civiles.

« Normalement, Somé Gaspard ne peut pas agir sans instruction de ses supérieurs hiérarchiques. Le général Diendere, ne pouvait pas sanctionner, Somé Gaspard, Yougbaré Magloire (
) sans l’aval du chef de l’Etat », a expliqué George Marie avant de citer Gabriel Tamini et Salifou Diallo comme « ceux qui pourraient avoir de contact avec les étudiants ».

Accusations qu’avait réfuté le Directeur de cabinet de la présidence de l’époque, Salifou Diallo, lors de son procès verbal chez le juge d’instruction le 9 décembre 2015.

« Pour cette affaire, il faut interroger Gilbert Diendere et SomĂ© Gaspard car ce sont eux qui étaient les chefs du CNEC. Dabo Boukary est mort dans une caserne et je ne suis pas responsable de cette caserne. Cette affaire est une arme politique contre ma personne », avait déclaré Salifou Diallo au juge d’instruction.

Toujours selon lui, c’est le président Blaise Compaoré qui lui a informĂ© des événements alors qu’il était en mission à Bamako.

« Ce sont les Gaspard là », lui aurait précisé le président.

 

Yaya Diomandé & Ibrahim Niaoné

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