🔮ALERTE – « La lutte contre l’insĂ©curitĂ© est grandement handicapĂ©e par nos mauvais comportements ». (FAIB)

🔮 ALERTE Boucle du Mouhoun - La gendarmerie, le poste de Police et la mairie de Kouka dynamités. (Sources locales)

La FĂ©dĂ©ration des associations islamiques du Burkina (FAIB) a estimĂ©, dimanche, au terme d’un sĂ©minaire de formation qui a rĂ©uni plus de 700 imams et prĂȘcheurs venus de tout le pays, que la lutte contre l’insĂ©curitĂ© est grandement handicapĂ©e par [les] mauvais comportements des BurkinabĂš. Une dĂ©claration sur la situation sĂ©curitaire du pays Ă  l’issue du sĂ©minaire qui avait pour thĂšme: « Le discours islamique dans un contexte d’insĂ©curité ».

Selon la FĂ©dĂ©ration, « il n’est un secret pour personne que [le] pays, le Burkina Faso, vit les jours parmi les plus sombres de son histoire. La FAIB dit « exhorter chaque fille et chaque fils (…) du Burkina Faso, Ă  se surpasser pour donner une chance de survie Ă  la nation ».

« Oui, ceci est un devoir patriotique; nous devons tous faire notre introspection et donner sa chance au Faso; car la lutte contre l’insĂ©curitĂ© est grandement handicapĂ©e par nos mauvais comportements », peut-on lire dans la dĂ©claration.

La fĂ©dĂ©ration islamique estime que le diagnostic a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© fait et refait plus d’une fois. « Et il laisse apparaĂźtre entre autres que nous, BurkinabĂš, jouons un rĂŽle autodestructeur pernicieux en ce que dĂ©sormais nous dĂ©veloppons une insouciance suicidaire en propageant des messages qui incitent Ă  : l’intolĂ©rance religieuse et l’intolĂ©rance ethnique qui peuvent ĂȘtre sources d’affrontements extrĂȘmement violents :

la stigmatisation ethnique et communautaire :

une haine politicienne qui ferme les cƓurs au sens du pardon et les esprits aux appels à la

réconciliation », indique la déclaration.

La FAIB pour sa part trouve que tout cela se traduit par des discours haineux, véhéments et violents, particuliÚrement dans les

mĂ©dias et les rĂ©seaux dits sociaux; des vellĂ©itĂ©s d’affrontements physiques entre membres de cercles aux intĂ©rĂȘts antagonistes sont mĂȘme signalĂ©es. « Nous dĂ©construisons ainsi allĂšgrement notre cohĂ©sion sociale, notre vivre ensemble, notre solidaritĂ© et notre fraternité », note la dĂ©claration.

« Dans ces conditions, comment pouvons-nous ĂȘtre unis et forts face Ă  l’adversitĂ© ? Comment

pouvons-nous générer les synergies nécessaires à la construction nationale ?

Comment le pouvons – nous, quand en plus de nous diviser, nous piĂ©tinons toutes les valeurs

institutionnelles, sociĂ©tales, traditionnelles et mĂȘme humaines qui peuvent nous servir de

boussoles, de repĂšres pour forger notre destin commun ? », s’est interrogĂ© la FĂ©dĂ©ration.

La FAIB annonce qu’au cours de ce sĂ©minaire, elle a instruit ses imams et prĂȘcheurs de travailler rĂ©solument Ă  : « faciliter l’apaisement des cƓurs, promouvoir la rĂ©conciliation nationale et la restauration de la cohĂ©sion sociale stimuler la mobilisation gĂ©nĂ©rale pour le seul combat qui vaille aujourd’hui; Ă  savoir : une lutte multiforme et sans relĂąche pour recouvrer l’intĂ©gralitĂ© de notre territoire, pour le retour de la sĂ©curitĂ© et de la paix. ».

La FĂ©dĂ©ration des associations islamique du Burkina dit encourager le gouvernement dans ses efforts visant Ă  Ă©radiquer l’insĂ©curitĂ©. « Elle

l’encourage Ă  dĂ©velopper sa politique de la main tendue », affirme-t-elle.

La Fédération a aussi réaffirmé son engagement et son soutien inconditionnel à toutes les initiatives visant à : « recoudre le tissu social et promouvoir le dialogue ;

favoriser la rĂ©conciliation nationale et le retour du vivre ensemble : restaurer l’intĂ©gritĂ© du territoire national ».

Lamine Traoré

1 COMMENTAIRE

  1. Merci à la FAIB pour ce discours de sincérité.
    La stigmatisation ethnique et rĂ©ligieuse sont deux rĂ©els flĂ©aux pernicieux qui mĂ©nacent gravement Ă  long terme l’existence du Burkina en tant que nation. C’est surtout celle ethnique qui est la plus rĂ©pandue et la plus promue dans la sphĂšre politique et de gouvernance.
    -Le systĂšme Ă©lectoral est ethnocentrique.
    -Le systĂšme de gouvernance territoriale est ethnocentrique.
    -Le systĂšme de nomination et de promotion des cadres est ethnocentrique.
    -Le systĂšme de promotion des talents est ethnocentrique.
    Le drame est que les partisans de cette politique ethnocentrique agissent ainsi tout en augmentation le volume des discours de cohĂ©sion, de tolĂ©rance et de prĂ©tendue neutralitĂ© de l’administration et d’une prĂ©tendue neutralitĂ© du systĂšme de leur gouvernance. Ils agissant ainsi en adoptant des mesures visant Ă  Ă©viter tout dĂ©bat public et profond sur la question. Ils agissent ainsi dans l’ensemble pensant tromper la vigilance des autres ethnies, pensant ĂȘtre plus stratĂšges ou plus malins. Ils agissent ainsi pensant atteindre leurs objectifs sans crĂ©er des rĂ©percussions sur la cohĂ©sion sociale au Burkina Ă  cours et moyen terme. Cela dĂ©montre d’un manque de vision.
    Tant que le problĂšme d’ethnicisme ne sera pas posĂ© profondĂ©ment et publiquement afin de trouver des solutions dĂ©finitives pour centrer toutes les ethnies du Burkina autour de valeurs nationales de mĂ©ritocratie, de patriotisme, d’Ă©galitĂ© et de solidaritĂ©; l’avenir du Burkina est sombre en tant que Nation. Ce n’est pas en proclamant les choses dans les discours et en faisant le contraire dans les pratiques qui Ă©pargnera le Burkina de la division ethnique irrĂ©versible ce qui peut conduire Ă  des vellĂ©itĂ©s de sĂ©paration territoriale et administrative.
    Les problĂšmes, lorsqu’ils ne sont pas traitĂ©s avec franchise et fermetĂ© ne disparaissent jamais et attendent toujours les moments propices (qui se prĂ©senteront Ă  coup sĂ»r) pour exploser et entraĂźner des consĂ©quences irrĂ©versibles si on ne prend garde. Adopter une attitude de l’autriche dans ce genre de situation est suicidaire.
    Pour le bien du Burkina et un meilleur avenir de nos enfants, les problĂšmes de la nation doivent ĂȘtre posĂ©s et traitĂ©s sans complaisance avec la recherche de solutions qui sauvegardent dĂ©finitivement la nation Burkina.
    Cela n’a rien d’une haine ethnique quelconque ou d’une volontĂ© de porter atteinte Ă  la cohĂ©sion nationale mais plutĂŽt d’une volontĂ© de construire un meilleur Burkina et durable.

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