Cedeao – Fortunes et infortunes d’un Gendarme de la paix Considérée par de nombreux observateurs comme la plus dynamique et la plus efficace des institutions sous régionales

 En Afrique, la CEDEAO se retrouve aujourd’hui, plus que jamais, sous de vives critiques des citoyens de la région Ouest-africaine. Créée au départ pour assurer l’intégration économique des 16 puis 15 pays (avec le retrait de la Mauritanie pour rejoindre l’Union du Maghreb Arabe), la Cedeao est devenue depuis la crise du Liberia en 1989 le gendarme de la sous-région avec un rôle éminemment politique faisant passer les chantiers économiques au second plan. Retour sur plus de 20 ans de gestion de crises en Afrique de l’Ouest avec les faits les plus marquants des interventions de la Cedeao. ⁃ La Cedeao envoie des troupes combattre Charles Taylor au Liberia et imposer la paix avec l’Ecomog. Deux interventions dans ce pays de 1990 à 1998 puis en 2003. ⁃ La Cedeao combat les rebelles du RUF en Sierra Leone et réinstalle le Président Ahmad Teejan Kabah. Intervention dans ce pays de 1997 à 2000. ⁃ La Cedeao envoie des troupes s’interposer en Côte d’Ivoire entre les rebelles du nord du pays et le pouvoir de Laurent Gbagbo de 2003 à 2004 suite au déclenchement d’une rébellion en septembre 2002. ⁃ La Cedeao impose en 2009 des sanctions lourdes y compris un embargo sur les armes contre la Guinée du Capitaine Moussa Dadis Camara suite au massacre du stade du 28 septembre. ⁃ La Cedeao réussit en janvier 2010 à Ouagadougou grâce à son médiateur un passage de pouvoir en douceur entre le capitaine Moussa Dadis Camara et le Général Sékouba Konaté, ouvrant ainsi la voie à une présidentielle sans un candidat de la junte. 

 

 

 

La Cedeao prend des sanctions contre le régime de Mamadou Tandja au Niger en 2009 suite à sa décision de prolonger son mandat de 3 ans. ⁃ La Cedeao prend des sanctions lourdes contre le régime de Laurent Gbagbo suivi d’un embargo financier suite au refus de ce dernier de reconnaître sa défaite aux élections présidentielles de 2010 face à Alassane Ouattara. ⁃ La Cedeao saisit en 2011 le conseil de sécurité de l’ONU pour enclencher une opération militaire contre Laurent Gbagbo dont les Nations unies et l’Union africaine avaient reconnu la défaite à la présidentielle. ⁃ La Cedeao impose au Mali des sanctions économiques et financières suite au coup d’Etat du Capitaine Amadou Sanogo contraignant ainsi ce dernier à rendre le pouvoir à un gouvernement civil dirigé par le Président Dioncounda Traoré. ⁃ La Cedeao active en avril 2012 sa force en attente avec la création de l’Ecomib pour stabiliser les Institutions de la transition puis celles issues des élections en Guinée Bissau, ce qui a permis pour la première fois à un président élu de terminer son mandat dans ce pays. ⁃ La Cedeao mobilise à la fin 2012, toujours dans le cadre de sa force en attente, des troupes de la région et du Tchad, au Mali pour combattre le terrorisme avant la mise sur pied d’une mission militaire des Nations unies dans ce pays et de l’Opération française Serval. ⁃ La Cedeao œuvre, en 2014 avec l’UA et les Nations unies, suite à la prise de pouvoir du Colonel Zida à la faveur de l’insurrection populaire au Burkina Faso, au rétablissement de la Constitution suspendue par Zida et à la nomination d’un Président civil à la place de l’ancien commandant en second du RSP. ⁃ La Cedeao, en septembre 2015 suite au coup d’Etat du Général Diendéré et à une médiation controversée a, au cours d’un sommet à Accra, rejeté le pouvoir des putschistes et a dépêché le lendemain une délégation de chefs d’Etat pour la réinstallation du Président de la Transition Michel Kafando. ⁃ La Cedeao réactive une fois de plus en janvier 2017 sa force en attente pour jouer les gendarmes en Gambie suite au refus du Président Yaya Jammeh de quitter le pouvoir après avoir reconnu dans un premier temps sa défaite à l’élection présidentielle face à Adama Barrow. Des troupes de la sous-région y compris du Mali sous commandement sénégalais font plier Yaya Jammeh et ses hommes. ⁃ La Cedeao multiplie les efforts de médiation en juillet et août 2020 au Mali suite à la crise politique entre le Président IBK et le M5 qui a investi la rue. La Cedeao y consacre des sommets, y dépêche plusieurs missions dont un groupe de chefs d’Etat et nomme un médiateur, l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan avant le coup d’Etat du 18 août 2020 du Colonel Assimi Goïta. ⁃ La Cedeao impose des sanctions économiques et financières avant d’obtenir la désignation d’un Président et d’un Premier ministre civils. ⁃ La Cedeao suspend le Mali en mai 2021 suite au deuxième coup d’Etat du Colonel Goïta contre le Président de la Transition Bah Ndaw. ⁃ La Cedeao impose en novembre 2021 des sanctions individuelles aux membres de la junte, du gouvernement et du Conseil National de la Transition suite au refus des autorités militaires de communiquer un chronogramme d’organisation des élections. Oméga médias Photo 1: DR – Soldats sénégalais en Gambie en 2017 Photo 2: Soldats burkinabè (gendarmes) de la Cedeao embarquant pour Bissau en 2015. DR

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