šŸ”“ #Burkina – #Terrorisme : Ā«Ā Il faut arreĢ‚ter de meĢ‚ler la politique aĢ€ la situation seĢcuritaire Ā», DjeĢneĢba Diallo, deĢplaceĢe, une responsable du collectif des femmes du SahelšŸ”“ #Burkina – #Terrorisme : Ā«Ā Il faut arreĢ‚ter de meĢ‚ler la politique aĢ€ la situation seĢcuritaire Ā», DjeĢneĢba Diallo, deĢplaceĢe, une responsable du collectif des femmes du Sahel

0
157
  • šŸ”“ #Burkina – #Terrorisme : Ā«Ā Il faut arreĢ‚ter de meĢ‚ler la politique aĢ€ la situation seĢcuritaire Ā», DjeĢneĢba Diallo, deĢplaceĢe, une responsable du collectif des femmes du Sahel

DjeĢneĢba Diallo, une des responsables du collectif des femmes du Sahel et elle-meĢ‚me deĢplaceĢe de Gorgadji aujourd’hui installeĢe aĢ€ Dori. Elle a marcheĢ samedi dernier aĢ€ Dori aux coĢ‚teĢs d’autres femmes pour deĢnoncer la gouvernance seĢcuritaire. Madame Diallo estime que la situation seĢcuritaire est deĢgradeĢe et souhaite une gestion seĢrieuse. Elle est notre inviteĢ de la reĢdaction et reĢpond aux questions de Lamine TraoreĢ

OmeĢga : Bonjour Djeneba Diallo

DjeĢneĢba Diallo : Bonjour Lamine TraoreĢ

OmeĢga : Samedi dernier vous eĢtiez dans les rues aĢ€ Dori, pourquoi ?

DjeĢneĢba Diallo : Cā€™est vrai, samedi 10 juillet on eĢtait dans les rues de Dori pour une marche pacifique.

OmeĢga : Pourquoi cā€™eĢtait une marche essentiellement composeĢe de femmes ?

Djeneba Diallo : La marche est composeĢe uniquement de femmes parce que vraiment les femmes payent le plus grand prix, les femmes en souffrent plus et si vous vivez la reĢaliteĢ que nous vivons avec ces femmes deĢplaceĢes ce n’est pas simple, raison pour laquelle nous avons pris une deĢcision de nous associer en collectif des femmes du Sahel pour dire notre ras-le-bol, exprimer notre meĢcontentement et demander au gouvernement dā€™agir davantage. Voila pourquoi nous avons fait une marche composeĢe uniquement de femmes parce quā€™elles sont les plus nombreuses et elles sont les plus toucheĢes.

OmeĢga : Vous eĢ‚tes vous-meĢ‚me une deĢplaceĢe aujourdā€™hui aĢ€ Dori, comment se passe la vie la-bas ?

DjeĢneĢba Diallo : la vie aĢ€ Dori en tant que deĢplaceĢe nā€™est pas facile. Beaucoup de femmes viennent chez moi, des femmes qui nā€™ont pas aĢ€ manger, des femmes qui ont perdu carreĢment la teĢ‚te si on peux le dire, mentalement cĢ§a ne va pas, il faut arriver aĢ€ aider ces femmes, qu’elles surmontent leur peur et pour cĢ§a jā€™ai reĢfeĢreĢ beaucoup de femmes dans les structures de prise en charge alimentaire, psychologique et sanitaire. Il y a des cas qu’on on ne peut pas raconter et quand tu vois et on te dit de ne pas sortir marcher pour exprimer ton meĢcontentement cā€™est que la personne ne vit pas ce que tu vis, sinceĢ€rement cā€™est pas facile. Etant chez toi on te traite de deĢplaceĢe, cā€™est pas simple mais on vit avec et nous pensons quā€™un jour Inchā€™Allah nous aussi nous retournerons chez nous et nous ne serons plus traiter de deĢplaceĢs.

OmeĢga : Est ce que vous pensez que rien nā€™est fait pour ameĢliorer la situation seĢcuritaire ?

DjeĢneĢba Diallo : Je ne dirai pas que rien nā€™est fait pour ameĢliorer la situation seĢcuritaire, quelque chose est fait mais cā€™est pas suffisant. Au deĢbut nous aussi on observait cā€™eĢtait vers Djibo, on voyait les gens de Arbinda nous deĢpasser en convoi mais on ne vivait pas la situation mais un mois apreĢ€s on a envahi Gorgadji. Je suis de Gorgadji je me suis deĢplaceĢe pour Dori vraiment. Si vous prenez lā€˜axe Dori – Gorgadji sans le convoi des FDS ou des VDP vous risquez de tomber sur des hommes armeĢs et vous nā€™arriverez pas aĢ€ bon port. Soit ce sont des enleĢ€vements, soit ce sont des exeĢcutions. Vraiment quelque chose est fait je suis conscient mais beaucoup reste aĢ€ faire et ce silence fait mal. Sur la voie de Gorgadji je vous interpelle, aidez nous parce que la situation est treĢ€s grave, treĢ€s critique et la vie dans la commune dans le centre de Gorgadji nā€™est pas aiseĢe. Quelque chose est fait nous le savons nous sommes conscients mais nous demandons plus au gouvernement , aux autoriteĢs reĢgionales, communales de faire des efforts

OmeĢga : DjeĢneĢba Diallo quand vous parlez des efforts, il sā€™agit de faire concreĢ€tement quoi ?

DjeĢneĢba Diallo : Mon appel est aux autoriteĢs de ce pays, cā€™est de prendre leurs responsabiliteĢs, ils font beaucoup, ils ont deĢjaĢ€ fait mais beaucoup reste aĢ€ faire. Il faut arreĢ‚ter de meĢ‚ler la politique aĢ€ la situation seĢcuritaire, il faut accepter que cĢ§a ne va pas et quand on reconnaiĢ‚t que cĢ§a ne va pas on cherche des solutions, mais quand on se dit que cĢ§a va on cherche autre chose on parle plus de cela, pourtant cā€™est un probleĢ€me reĢel qui est laĢ€. Les populations souffrent et nous souffrons plus. On tue des femmes, il y a dā€™autres femmes si on les tuait meĢ‚me cā€™eĢtait mieux que de les laisser en vie avec des enfants en pagaille sans travail. Dā€™autres tombent malade, il y a des enfants qui sont ici qui sont malades, la maman nā€™a meĢ‚me pas de meĢdicaments pour le soigner, lā€™enfant est dedans coucheĢ avec des maux de ventre atroces, on fait des eĢchographies, des radios et tout il nā€™y a pas lā€™argent pour opeĢrer lā€™enfant. La maman souffre, elle-meĢ‚me elle est deĢprimeĢe et vous ne voulez pas quā€™ on parle, on va parler, si rien nā€™est fait. Les gens en ont ras-le-bol donc. Personne nā€™est contre vous si vous prenez vos responsabiliteĢs, cā€™est la paix nous voulons cā€™est tout. On nā€™est contre personne, assurez notre seĢcuriteĢ et cā€™est tout, ameĢliorez la seĢcuriteĢ sur les voies, ameĢliorez la seĢcuriteĢ dans les communes et dans la reĢgion du Sahel. Cā€™est tout ce que nous demandons, nous ne sommes contre personne, nous voulons juste la paix nous sommes fatigueĢs de pleurer nos enfants, nos maris. Le silence fait treĢ€s mal.

Lamine TraoreĢ: DjeĢneĢba TraoreĢ merci

Entretien: Lamine TraoreĢ

Retranscription : Yasmina Ouili

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Laisser un commentaire