Incidents au lycée_Zinda: « Ce n’est pas la fin de l’année scolaire, on ne peut pas parler de rachat », (Proviseur)

« C’est un fait d’une gravité énorme », (Directeur de l’enseignement du Centre)

– « Une enquête est ouverte et des investigations sont en train d’être faites » (Procureur du Faso).

Le proviseur du Lycée Phillipe Zinda Kaboré Alexis Kyelem était encore sous le choc lundi soir après le saccage, plus tôt dans la journée, de son bureau et la destruction de son véhicule par des élèves qui l’en voulaient pour avoir refusé, dit-on, de laisser passer en classe supérieure un des leurs qui aurait obtenu 9,99/20 de moyenne.

« Faux », a réagi le proviseur, soulignant que « c’est le conseil de classe composé de l’ensemble des enseignants de la classe, qui détermine la moyenne de rachat. Ce n’est pas du ressort d’un proviseur », a t-il expliqué à Oméga Médias.

« Dans une même école, la classe de 6ème A, peut avoir une moyenne de rachat de 9,5/20 et la 6ème B peut avoir une moyenne de rachat de 9,80%. C’est le conseil de classe qui est souverain », explique un autre responsable de l’enseignement qui a requis l’anonymat.

Pour le proviseur, on ne peut pas parler de rachat alors que l’année n’est même pas encore terminée. « Il reste pratiquement un mois pour terminer l’année », a-t-il dit.

Les élèves ont saccagé lundi matin son bureau et son véhicule ainsi que le secrétariat de l’établissement.

« Les dégâts sont énormes. C’est un spectacle ahurissant. Ce n’est pas un incident. C’est un fait d’une gravité énorme. Tout a été détruit. Les fichiers des élèves n’existent plus. Le serveur qui sert à inscrire l’ensemble des élèves a été emporté. Il y a une semaine, au Nelson Mandela, (NDLR un autre lycée de la capitale), le proviseur et la conseillère principale ont été séquestrés », a déploré lundi soir Abdoulaye Ilboudo, le Directeur régional du Centre des enseignements post primaires et secondaires à la télévision nationale.

« Depuis un certain temps, les actes de vandalisme ne font que monter en crescendo. Nous avons atteint une phase d’une terreur assez inquiétante. C’est très douloureux. Nous sommes des éducateurs. Nous sommes chargés de former ces enfants. L’administration n’existe plus au Zinda. Au niveau du Nelson Mandela, on a dit au proviseur qu’on ne veut plus le voir. Et ce sont les élèves qui ont dit cela. Que ce soit au Nelson ou au Zinda, l’administration n’existe plus. La fermeture de ces deux établissements est de fait. D’ici là des mesures vont être prises par rapport à ces deux établissements », note M. Ilboudo.

Le procureur du Faso près le Tribunal de Grande instance de Ouagadougou a assuré lundi qu’une enquête a été ouverte pour situer les responsabilités de ces saccages.

« Le lycée Philippe Zinda Kaboré se trouve dans le domaine territorial de ma juridiction. Nous avons reçu compte rendu de la police nationale de ce qui s’est passé. Vous avez pu voir le véhicule de la police technique et scientifique qui était en train de faire le constat nécessaire. Une enquête est ouverte et des investigations sont en train d’être faites. Un procès-verbal nous sera adressé par la police judiciaire et nous aviserons en temps utile », a expliqué Harouna Yoda, procureur du Faso près le TGI de Ouaga sur le plateau du 20h de la télévision nationale.

Depuis plusieurs semaines, les élèves protestent contre les réformes scolaires annoncées par le ministère de l’Education nationale. Ces réformes visent à annuler les sujets au choix pour les épreuves d’histoire et géographie lors des examens du BEPC et du baccalauréat.

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