Réouverture de Faso Fani: 5 ans après, les Koudougoulais espèrent toujours la tenue de cette promesse

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Koudougou attend le candidat Roch Kaboré le 18 novembre pour son meeting régional.  Cependant une promesse non tenue du même candidat en 2015 est sur toutes les lèvres à Koudougou : celle de l’ouverture de l’usine de Koudougou.

 

‘’Si je suis élu chef de l’Etat, l’usine textile Faso Fani sera rouverte’’ tel était un des engagements de Roch Kaboré devant les populations à la place de la nation de Koudougou, le 12 novembre 2015. Depuis lors, plusieurs repreneurs privés se sont manifestés. A l’arrivée, c’est le groupe indien Jain Shwals qui a été retenu. Mais sur le terrain, à l’usine, aucun signe de travaux. Les populations de la région du Centre-Ouest continuent d’attendre une sirène toujours silencieuse. ‘’Normalement quelque chose devrait être fait pour nous rassurer mais malheureusement on attend toujours. En 5 ans, des signes devraient nous donner à croire mais hélas. Qui sait, peut-être que les autorités n’ont pas les moyens pour le moment. Dans tous les cas, j’attends de voir la suite. Il est mieux pour le président de ne plus nous parler encore de cette usine si ce n’est pas son inauguration sinon on se sentira encore berné’’, retient Ibrahim Nimi, habitant de Koudougou.

 

Déjà le samedi 10 février 2018, l’association des chefs traditionnels de l’association Song Naam, avait, lors d’une rencontre avec la presse, lancé un appel au chef de l’Etat afin qu’il respecte sa parole donnée aux populations de Koudougou avant sa prise du pouvoir. Le président de cette association, le chef d’Issouka a constaté comme tout le monde que l’usine n’a pas encore démarré. Toutefois, il dit comprendre que certaines situations imprévues se soient mêlées au dossier. ‘’J’ai aussi cru à l’imminence de cette réouverture. Vous avez été témoin de notre appel pour que l’usine s’ouvre rapidement et à Koudougou parce qu’il était envisagé une usine similaire à ailleurs. Notre foi d’une ouverture rapide a été bousculée par beaucoup de contingences. Il fallait une entente entre l’Etat burkinabè et les repreneurs et entre ces derniers et leurs partenaires. Tous ces éléments ont contribué à retarder cette réouverture. Nous pensions qu’en 2020, la sirène allait sonner. Mais comme vous, nous constatons qu’on est sur la route en train de marcher vers cette réouverture’’, remarque Naaba Saaga 1er.

 

L’espoir de voir cette usine demeure

 

Le chef d’Issouka qui dit suivre ce dossier est ‘’persuadé jusqu’à preuve du contraire’’ que cette usine verra le jour à Koudougou. ‘’En tant que chef et au regard des informations que j’aie par devers moi, j’ai grand espoir que Faso Fani va s’ouvrir. Je sais que les autorités ont cette ferme volonté que cela se réalise afin qu’une promesse soit tenue. Qu’elle ne soit pas une promesse électorale qui s’est envolée avec le temps. Le président Roch avait certainement en sa possession certains éléments qui lui ont permis de tenir ces propos. Seulement souvent entre les engagements et leurs réalisations des situations imprévues peuvent s’en mêler’’, explique Naaba Saaga 1er. Pour lui aujourd’hui ‘’l’essentiel est la tenue de cet engagement”.

 

Ceux qui ont travaillé dans la défunte usine soutiennent que la nouvelle sera viable et qu’il suffit d’une volonté politique pour remettre booster les choses. C’est l’avis de François Yaméogo, ancien cadre de l’ex-usine de textile fermée en 2001.

 

‘’On avait l’espoir, mais plus on avance, plus on est déçu. La réouverture ! tout dépend de l’Etat.  C’est une question de volonté. FILSAH (fil du sahel) seul ne peut pas fournir le fil à nos artisans. On a besoin de deux ou trois sociétés de production du fil pour accompagner notre Faso Danfani. Ce n’est pas parce que c’est Koudougou mais c’est parce que c’est le Burkina Faso. Nous ne condamnons pas Roch Kaboré pour ce retard, mais lui disons que quand on fait une promesse, il faut la tenir. Tant de promesses n’ont tenues. Nous avions de nombreuses usines comme BRAKINA, SAP, une huilerie et autres. Actuellement, il ne reste que la SOFITEX’’, pense François Yaméogo.

 

Cet ancien cadre confie que le marché existe pour produire des richesses au pays et donner du travail aux populations du Burkina Faso avec la future usine. ‘’Les pagnes que les confessions religieuses vont chercher à l’extérieur peuvent être produits à Faso Fani. J’ai travaillé dans cette usine je sais de quoi je parle. L’usine donnera des emplois pas uniquement à des gens de Koudougou. Avant on y trouvait toutes les ethnies des Mossi, des Peulh, des Samo, des Gouroussi, des Dioula, des Bissa, des Bobo, Gourmatché, des Yadcé etc. Le pouvoir doit accepter qu’il a délaissé cette ville au regard de l’espoir qu’il a suscité auprès des populations’’, ajoute t-il.

 

Dans ce dossier, l’Etat a laissé main libre au secteur privé. Il a désigné Idrissa Ouédraogo ancien ambassadeur comme intermédiaire. C’est ainsi que le groupe Jain Shwals a été désigné avec à la clé la signature de deux protocoles d’accord le 5 octobre 2018. De nombreuses sorties de terrain ont été menées à Koudougou pour des études. Jain Shwals avait promis en janvier que la reprise des activités est pour courant mars dernier.  Aujourd’hui le groupe est toujours en lice selon certaines sources mais, il ne serait plus seul car d’autres investisseurs ont été associés au projet. Le ministre avait soutenu que ‘’si d’ici septembre (2020) si rien n’est fait, l’Etat reprendra les choses en main’’. Septembre est passé et ce mercredi le président candidat Roch sera encore sur les terres de Koudougou pour battre campagne. Les Koudougoulais se demandent ce que le candidat leur dira sur ce rendez-vous manqué durant son mandat de 5 ans.

 

D’ailleurs l’usine textile n’était pas la seule promesse de Roch Kaboré en 2015 aux populations de la région du Centre-Ouest. Le 12 novembre 2015 à la place de la nation, il avait annoncé en autres, s’il est élu, la transformation du Centre hospitalier régional CHR de Koudouogu en centre hospitalier universitaire (CHU), l’amélioration de tous les plateaux techniques au niveau de la santé, la dotation de toutes les communes d’ambulances. Pour les jeunes diplômés sans emploi, il prévoyait le recrutement de tous les titulaires de la maitrise et autres diplômes pour l’enseignement primaire et secondaire.

 

Sabouna Ouédraogo,  Koudougou,  Synergie Élections 2020,  Radio Oméga

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